© P.Yves Touzot 2018

7 octobre 2022

LE JOURNAL INTIME D'UN ARBRE (Roman)

Tristan, poirier plusieurs fois centenaire tout juste abattu par une tempête, revisite sa vie, et ses rapports avec les Hommes ...














Journal intime d'un arbre est un roman qui ne ment pas sur son contenu. Comme promis par son titre, il nous offre, à la première personne du singulier, les états d'âme d'un arbre au crépuscule de son existence, qui revisite trois cents ans de sa vie. Le concept fonctionne plutôt bien, à un détail près, malheureusement essentiel à mes yeux: l'auteur a choisi de s'intéresser à un poirier installé dans la cour d'une ferme, plutôt qu'à un arbre vivant dans un milieu sauvage. Ce parti pris légitime et néanmoins intéressant entraine le récit à s'intéresser davantage au fonctionnement du monde des hommes que sur sa vie de végétal dans son environnement naturel. Le regard qu'il porte sur notre monde est souvent pertinent, parfois critique, mais toujours bienveillant, et finalement assez sage, voire académique. Les amateurs de belle littérature apprécieront la qualité de l'écriture, mais ceux qui comme moi espéraient une aventure extrême et engagée sur la vie d'un arbre dans un milieu sauvage resteront un peu extérieurs à cette histoire finalement assez humaine. 
Malgré ces réserves (très subjectives, je le reconnais), Journal intime d'un arbre nous offre une jolie histoire, originale et enlevée, qui porte en elle une idée essentielle: les arbres aussi ont une âme. Et la nature sans doute une conscience. 

Un regard original sur le monde des hommes, du point de vue d'un arbre. 

Journal intime d'un arbre, un roman de Didier Van Cauwelaert,
disponible aux éditions Michel Laffon.



















Sur ce site, pour les amoureux des arbres:

BD: Sauvage ou la sagesse des Pierres
ESSAI: La vie secrète des Arbres
ROMAN: Terre Lointaine



3 octobre 2022

LE POIDS DE LA NEIGE (Roman)

Alors que le village est paralysé par une panne d'électricité et plongé dans un hiver profond, un jeune accidenté de la route est confié à un sexagénaire dans une maison isolée ...








L'hiver.
Le froid.
L'isolement.

Le Poids de la Neige, du romancier québécois Christian Guay-Poliquin, se déroule dans une maison isolée à quelques kilomètres d’un village perdu dans une forêt canadienne, après qu’une panne d’électricité ait coupé les habitants de tout contact avec le du reste du monde. Alors qu’il revient chez lui après dix années d’absence, le personnage principal (dont nous ne connaîtrons jamais le prénom) est victime d’un grave accident de la route. Un sexagénaire de passage dans le village et bloqué sur place par la neige, Matthias, est chargé de s’occuper de lui en échange de la promesse d'une place dans le prochain véhicule qui retournera à la ville dès la fin de l’hiver. Les semaines s’écoulent lentement, l’hiver devient toujours plus rude. Pendant que Matthias soigne son hôte du mieux qu'il le peut, notre héros, allongé dans son lit, observe l'hiver à travers la fenêtre.
Le Poids de la Neige est à la fois une magnifique ode à l’hiver, et un récit profondément humaniste. Les deux premiers tiers du roman se déroule en huis clos dans la véranda d’une grande maison abandonnée par ses propriétaires, en compagnie du personnage principal, grand blessé mutique qui se bat pour se remettre de ses graves blessures, et de son infirmier, un homme au crépuscule de sa vie qui accepte sa mission dans l'espoir de retrouver au plus vite sa femme dans ce monde en panne.
Les jours et les semaines passent, et la quantité de neige qui pèse sur leur toit comme sur leur âme augmente. La panne générale d’électricité et l’absence de nouvelles du reste du monde jouent un rôle essentiel dans le récit en lui offrant une dimension crépusculaire et mystérieuse envoutante, un arrière goût discret mais omniprésent d’apocalypse. L'auteur adopte un point de vue rigoureux: on ne sait pas (et on le saura jamais) ce qui a causé cette panne, ni si le monde extérieur existe toujours, et dans quel état il se trouve. Cette situation de crise, installée comme un postulat de base et très peu développée, fait petit à petit naître dans la tête du lecteur la question centrale de ce roman: si nous étions à leur place, serions nous tentés comme Matthias de tout faire pour retrouver la civilisation, ou choisirions nous comme le personnage principal d’accepter la fin du monde civilisé et d’opérer un véritable retour à la nature ? C'est à ce voyage immobile dans cet hiver métaphorique que Le Poids de la Neige nous invite, à travers une écriture magnifique, à la fois riche et simple, dure et poétique, toujours fluide et limpide comme la neige.


Hypnotique et envoutant.

Le Poids de la Neige, un roman de Christian Guay-Poliquin
Paru en 2018 aux Editions de l'Observatoire



 Sur ce site, pour les amoureux de l'hiver canadien:

ROMAN:Julius Windsome
BD: Magasin Général
ROMAN: Oldforest







1 octobre 2022

INDIAN CREEK (Roman)

Un jeune étudiant s'installe pour l'hiver dans une vallée isolée de l'Idaho pour veiller sur un élevage d'oeufs de saumon ...



Automne 1978.
Un étudiant se prépare à entrer en troisième année d'université lorsqu'il découvre au hasard d'une petite annonce que le Fish & Game Department de l'Idaho cherche quelqu'un pour s'occuper de 2,5 millions d'œufs de saumon pendant la période hivernale. Alors qu'il n'a que 19 ans et aucune expérience de ce genre d'aventure, il accepte la mission sur un coup de tête et se retrouve donc sous une tente à peine améliorée, pour un long hiver en solitaire au cœur d'une nature sauvage.
Cet étudiant, c'est Pete Fromm, l'auteur, et Indian Creek est le récit autobiographique de ces huit mois passés dans les montagnes rocheuses en hiver. Et contrairement aux héros (fictifs) de David Vann et à celui (réel) d'Into The Wild, tout va plutôt bien se passer pour lui. Son secret ? Une réelle capacité d'adaptation, une curiosité sans limites, un état d'esprit volontaire et enthousiaste, et un zeste souvent salvateur d'autodérision. À travers ce livre, il nous raconte sa découverte du monde sauvage, son apprentissage du froid, de l'hiver et de la solitude, d'une plume vive et enlevée. Le récit est varié, volontairement positif malgré quelques passages plus sombres, souvent drôle et parfois même jubilatoire. Contrairement à d'autres héros de nature writing, Pete Fromm n'est pas là pour fuir la société, mais pour vivre une aventure hors du commun au plus près de la nature, comme celles vécues par les héros de ses livres de chevet. Il n'est donc pas là pour philosopher sur les méfaits de notre monde moderne, ni sur le sens de la vie. Il est simplement là pour nous faire partager son quotidien. Et comme il ne s'ennuie jamais et que tout l'amuse, Indian Creek n'est jamais ennuyant, et souvent amusant.

Un voyage en solitaire épatant et joyeux au cœur de l'hiver.

Indian Creek, un roman de Pete Fromm (Editions Gallmeister, 2006)





Sur ce site, pour les amateurs de récits d'hommes (et de femmes) seuls dans la nature:

ROMAN:Oldforest
ROMAN:Julius Windsome
ROMAN & FILM: Le Mur Invisible




24 septembre 2022

CAPTAIN FANTASTIC (Film)

Un père de famille vit avec ses six enfants au milieu de la forêt. Lorsqu'ils décident de quitter leur cabane pour assister aux obsèques de leur mère, les choses se compliquent ...



Ben (Viggo Mortensen, épatant comme toujours) élève ses 6 enfants dans une forêt de l’Ouest américain. Leur quotidien s’articule autour de nombreuses activités: sport, lecture, musique, chasse, jardinage et école à la maison. Lorsque la maman décède dans un hôpital à l’autre bout du pays, la petite famille prend la route pour assister à l’enterrement. Leur mode de vie et leurs idéaux sont alors confrontés au vrai monde, et Ben va devoir remettre en question l’extrémisme de ses choix d’éducation...

Captain Fantastic n’est pas un film militant alter-mondialiste, plutôt une fable familiale poétique et engagée, ce qui ne l’empêche pas de traiter avec douceur et intelligence d’un véritable sujet : peut-on vivre coupé du monde ? Le film, jamais moralisateur, se contente de nous amener à nous poser des questions sur ce fantasme de retour à la nature que nous nourrissons tous plus ou moins au fond de nous, et la réponse qu'il y apporte est évidente d'intelligence et de pragmatisme. 

Une oeuvre touchante, profondément humaniste et poétique.

Captain Fantastic, un film de Matt Ross, sortie en octobre 2016.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.





Sur ce site, pour les amateurs d'histoire d'ermites et de forêts:

FILM ET ROMAN: Dans la Forêt
FILM: Leave No Trace
DOC: Two Years at Seas




21 septembre 2022

DANSE AVEC LES LOUPS (Film et roman)

John Dunbar, officier nordiste de l'armée américaine, demande à être affecté à la frontière, où il va sympathiser avec un vieux loup avant de tomber amoureux d'une Comanche et d'être adopté pas sa tribu ...


La célèbre scène où des indiens regardent d'un air incrédule Kevin Costner danser avec un vieux loup fait partie maintenant de l'histoire du cinéma, mais au-delà de cette séquence d'anthologie, l'histoire de Danse avec les loups est vraiment magnifique.
John Dunbar, héros de la guerre de Sécession, demande a être affecté à la frontière entre l'Amérique dite "civilisée" et les territoires indiens dits "sauvages". Lorsqu'il arrive sur place, son fort a été déserté, mais par conscience professionnelle autant que par curiosité pour ces immensités sauvages qu'il découvre, John Dunbar décide de rester sur place pour accomplir sa mission. Il va tomber amoureux des lieux, de sa nouvelle vie d'ermite, d'un vieux loup, d'une Indienne blanche et de sa tribu comanche, qui finira par l'adopter. Non pas une histoire d'amour, mais plusieurs.
Le film est un chef d'œuvre de beauté visuelle. Kevin Costner, acteur principal mais aussi réalisateur, utilise à merveille les panoramas pour nous plonger avec son personnage principal dans la splendeur et la tranquillité des plaines de l'Ouest américain. Il nous invite à accompagner son héros dans sa découverte de la vie sauvage et de la solitude, avant de nous faire entrer avec lui dans une tribu de Comanches, pour un voyage culturel et ethnographique au pays des Indiens.
Avec Danse avec les loups, Kevin Costner renouait avec la tradition des grands films hollywoodiens, une espèce malheureusement en voie d'extinction.  Son regard, comme celui de son héros, est bienveillant et pacifiste, l'histoire captivante du début à la fin. Le film a connu un vif succès dans le monde, et a reçu 7 oscars (film, réalisateur, comédien, photographie, montage, adaptation, et mixage). Pour l'anecdote, John Barry, compositeur de la bande originale du film, fut nominé, mais ne reçut pas la statuette pour sa sublime musique ...
Le roman de Michael Blake dont est inspiré le film est, comme souvent, encore plus abouti que le film. D'abord, il nous permet d'aller plus loin dans le personnage de John Dunbar. En ayant accès à ses pensées et à ses états d'âme, son regard sur sa nouvelle vie loin de la civilisation devient plus profond, donc plus touchant. L'évolution du personnage est magnifique, son coup de foudre pour les grands espaces et ses habitants bouleversant. Mais surtout, le roman s'intéresse plus que le film aux autres personnages, en basculant régulièrement dans l'écriture d'un point de vue à l'autre, ce qui nous offre un accès plus profond au regard des Indiens sur l'homme blanc en général, et sur cet étrange lieutenant en particulier. Vent Dans Les Cheveux, Celle Qui Se Dresse Avec Un Poing Fermé, Dix Ours, Oiseau Frappeur ne sont plus des personnages secondaires mais des personnages à part entière de l'histoire, ce qui nous permet d'aller plus loin dans la découverte du monde des Comanches, de leur culture et de leur philosophie de vie. Le fil de l'histoire est à la fois plus direct et plus profond que le scénario du film, le rythme ne baisse jamais, et le sentiment d'immersion est total.
Suite au succès du film, Michael Blake a publié une suite, la Route Sacrée, que je n'ai pas (encore) lue, sans doute parce qu'elle n'a pas bonne presse. Un film est (censé être) en développement depuis maintenant de nombreuses années.
À noter également l'existence de 500 Nations, un magnifique documentaire en 8 parties sur les Indiens, produit et présenté par Kevin Costner en personne, un voyage passionnant à travers 500 ans d'histoires des peuples natifs d'Amérique du Nord.

Un des plus belles histoires sur l'ouest américain et les indiens. Sublime et pacifiste.


Danse avec les Loups, un film de Kevin Costner sorti en 1990.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD






Danse avec les Loups, un roman de Michael Blake sorti en 1988.
Disponible en livre de poche.



500 Nations, un documentaire de Jack Leustig, sorti en 1994
Disponible en DVD/BlueRay/VOD





Sur ce site, à propos de la conquête de l'Ouest:


 



11 mai 2022

NATURE WRITING & ECOPOETIQUE (Vidéo créée pour le site)

Courte vidéo de présentation du nature writing et de l'écopétique.


Lien vers la vidéo

SOUDAIN, SEULS (Roman)




Un couple se retrouve piégé sur une île inhabitée du sud de l'Atlantique suite à la disparition de leur voilier ...






Les romans français de nature writing de qualité sont rares, et Soudain, seuls en est un.
Isabelle Autissier, son auteure, est une ancienne navigatrice (la première femme a avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire en compétition), passionnée d'alpinisme, et actuelle présidente du WWW France. Son vécu et sa volonté de le partager à travers cette fiction se ressentent à chaque page de ce roman âpre, authentique et dépaysant, et, à l'arrivée, assez perturbant. 
Dans la première partie, la plus longue, nous suivons l'histoire de Louise et Ludovic, deux citadins, enfants de notre société occidentale archi protégée, condamnés à survivre dans des conditions plus qu'extrêmes sur une petite île isolée du sud de l'océan atlantique. Le postulat de base (alors qu'ils sont bloqués à terre à cause d'une tempête, leur voilier, mouillé dans une crique, disparait pendant la nuit) fonctionne, et leur désespoir se révèle à la hauteur de leur isolement et de leur solitude alors que l'hiver austral approche.
Dans cette première partie, tout est là: la solitude, les grands espaces, la lutte pour la survie, la faune locale, les tensions dans le couple... Les chapitres s'enchainent rapidement, l'histoire avance sans temps mort, mais au fil des pages, une sensation inattendue apparaît: tout va trop vite, comme si l'auteure avait cédé à la volonté d'un éditeur de rester dans un format court et facile d'accès, une lecture rapide pour un public plus large. Et c'est parce que la matière est là, omniprésente, et que l'immersion fonctionne, que les puristes comme moi pourront avoir ce sentiment de frustration, ce goût d'inachevé.  Une réserve plus qu'une critique, pour une formidable histoire, portée par des personnages attachants et symboliques de notre monde occidental, plongés dans un environnement vraiment hostile. 
Je ne révèlerai rien de la seconde partie du roman, plus classique (mais tout aussi intéressante), pour préserver le dénouement de cette histoire à ceux qui auront envie de passer un peu de temps avec Louise et Ludovic sur leur île perdue au bout du monde... 

Un vrai roman de nature writing à la française. Une réussite. 

Soudains, seuls, un roman d'Isabelle Autissier.
Paru aux Editions Stocks (2015), disponible en Livre de Poche.












Sur ce site, pour les amateurs de roman d'aventure au plus proche de la nature:

ROMAN & FILM: Le mur invisible
ROMAN: Sukkwan Island
ROMAN: Oldforest




4 janvier 2022

LA PANTHERE DES NEIGE (Doc & essai)

Où l'on suit Sylvain Tesson, écrivain, accompagner Vincent Munier, photographe animalier, dans sa longue recherche d'une panthère des neiges au Tibet.




Commençons par un aveu: La panthère des neiges n'est pas mon livre préféré de Sylvain Tesson.
Et continuons par une surprise: pour une fois, le film est bien plus convaincant que le livre.
L'histoire, tout d'abord. 
2018. Sylvain Tesson, voyageur émérite, accompagne pendant plus de six mois Vincent Munier, photographe animalier en cours médiatisation, et la réalisatrice Marie Amiguet dans les hauts plateaux tibétains à la recherche d'une panthère des neige, hypothétique dernière survivante d'une espèce considérée comme éteinte. Et ne faisons pas durer inutilement un faux suspens assumé: ils l'ont trouvée.
Le livre raconte leur long périple dans l'Himalaya à travers un récit de voyage sincère et authentique, l'occasion de retrouver la prose toujours aussi inspirée d'un Sylvain Tesson soucieux de se mettre au service de cette quête animalière, artistique et, bien sûr, philosophique. Pas de véritable reproche à formuler, à part peut-être, ça et là, quelques longueurs. Sylvain Tesson prends le temps de présenter le voyage, de une carte des lieux, une chronologie temporelle et géographique de leurs différentes étapes.
Le documentaire, lui, va droit au brut, sans aucune installation ni considération temporelle, avec comme seul objectif une immersion immédiate et totale dans les décors à couper le souffle des hauts plateaux tibétains. Et dès les premières séquences, Sylvain Tesson, forcément omniprésent à chaque page du livre, s'efface pour laisser la vedette aux véritables héros du film: Vincent Munier, son regard a la fois habité et juvénile, son appareil photo, et les images sublimes de Marie Amiguet d'un environnement grandiose, ses paysages comme sa faune. Très vite, le film assume son véritable objectif, faire un véritable portrait d'une profession, photographe animalier et une déclaration d'amour vicérale au monde animal et à la beauté de la nature. La voix off de Sylvain Tesson, rare et discrète, apportant une touche poétique et pédagogique discrètes à cette oeuvre collective. Le récit avance, les affuts s'allonge, et de véritables surprises ponctuent le voyage. L'occasion aussi de découvrir l'incroyable richesse de la faune locale de ses endroits considérés comme déserts, la variété des espèces et la beauté de chacun de ses représentants.
Et même si l'on sait dès le début que leur quête ne restera pas vaine, qu'ils finiront inexorablement par dénicher leur gros chat des montagnes (sinon il n'y aurait sans doute ni film ni livre), l'apparition tant attendue de la panthère des neiges est un moment de grâce absolue, une séquence bouleversante, une image qui reste présent à l'esprit une fois de retour dans la réalité à l'extérieur du cinéma. Et le message passe: nous ne sommes pas seul sur cette petite planète, et nous devrions tous jouir de la richesse et de la beauté de notre biodiversité, l'apprécier, la protéger, plutôt que de la malmener.


La panthère des neiges, un film de Vincent Munier et Marie Amiguet.
Sortie en salle en décembre 2021.



Bande annonce:



La panthère des neiges, un essai de Sylvain Tesson.
Paru au éditions Gallimard le 10 Octobre 2019.
Disponible en format poche.




Sur ce cite, dans la même veine:




20 décembre 2021

LA RIVIERE (Roman)

Deux kayakistes glissant au grès d'un rivière canadienne vers la Baie d'Hudson recueillent une femme blessée alors qu'un gigantesque incendie brûle au loin derrière eux...



Fascinant. Le nouveau roman de Peter Heller, auteur américain des célèbres La constellation du chien, Céline ou encore Peindre, pêcher et laisser mourir, nous entraîne sur une rivière canadienne pour un pur récit de nature writing. Deux jeunes hommes aguerris au kayak, une femme mal en point, un quatrième personnage fantomatique, un gigantesque feu de forêt qui se consument au loin, et... Et c'est tout. Le résumé de cette histoire tiendrait facilement sur un ticket de métro, mais il suffit à Peter Heller pour construire sur plus de deux cent pages une histoire intense, variée et passionnante. Sa grande expériences du kayak en milieu sauvage et sa volonté d'immerger le lecteur au plus proche de l'eau, de la forêt, de la pluie, du froid et du reste suffisent à nourrir le récit, et nous transporter à bord d'une embarcation pour une lente déambulation au plus près de la nature. Ceux qui (comme moi) découvriront cet auteur à travers ce roman pourront se sentir rebuter (comme moi) par sa prose particulière, décousue, âpre, par ses flashbacks non annoncés ou encore ses dialogues abrupts. Car Peter Heller écrit à sa manière, dans un style qui pourrait s'apparenter à celui de Jack Kerouac dans son oeuvre référence Sur la Route, cette écriture spontanée qui fit sa gloire et sa singularité. Mais si vous parvenez (toujours comme moi) à accepter son rythme, à vous laisser entrainer dans son sillage, vous serez récompensé par un voyage captivant au file de l'eau, par un récit dont la dramaturgie se construit dans la lenteur, où la créativité se cache dans le détail, dans d'imperceptibles variations des âmes et de la nature.

Un sacré exploit, dans le fond comme dans la forme ! 


La Rivière, un roman de Peter Heller.
Paru aux Editions Acte Sud (2018).




















Sur ce site, pour les amateurs de rivières.