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8 août 2018

ROMAN & FILM: Le Mur Invisible

Quelques part dans les Alpes autrichiennes, une femme se retrouve prisonnière de sa vallée, subitement entourée par un mur invisible infranchissable ...



Une femme (dont on ne connaitra jamais le prénom ni le nom) rend visite à des amis dans un chalet à la montagne. Alors que ses hôtes sont partis pour faire des courses au village le plus proche, elle découvre qu'un mystérieux mur invisible isole dorénavant sa vallée du reste du monde. Elle va devoir s'organiser pour survivre et apprendre à vivre seul, loin des Hommes...
Autant le préciser dès maintenant, le Mur Invisible est un des romans sur le rapport à la nature les plus purs et les plus bouleversants que j'ai lu. À partir d'un postulat de base fantastique qui ne sera jamais expliqué et qu'il faut accepter froidement, comme notre héroÏne, le Mur Invisible se révèle vite être à la fois un conte philosophique profond sur l'isolement et la solitude, et un véritable récit de nature writing. Pour survivre dans ce monde fermé, cette femme va devoir mettre en place des routines à la fois mentales et logistiques qui vont, au fil des pages, évoluer et s'imprégner en nous les unes après les autres. L'immersion est totale. Très vite, ses victoires, ses échecs, ses états d'âme et ses errances deviennent les nôtres. La nature, omniprésente à travers les éléments naturels (vent, neige, pluie, froid, chaleur...) mais également la faune locale (chien, chat, vache, ainsi que quelques surprises que je ne vous dévoilerai pas) est ici une arène pleinement exploitée par l'héroïne, au sens propre comme au sens figuré. Sa vallée devient la nôtre, on finit par s'y sentir chez nous, et en connaitre comme elle les moindres recoins.
Si le cheminement intérieur de son héroïne n'est pas aussi intime et profond dans le film que dans le roman, l'adaptation cinématographique du Mur Invisible est à la fois fidèle et aboutie. Ici, pas de trahison à des fins commerciales, juste une mise en image fidèle et élégante du récit initial. La qualité du film repose en grande partie sur sa comédienne, Martina Gedeck (vue dans La Vie des Autres, autre chef d'oeuvre récent du cinéma allemand), seule représentante de la race humaine à l'image, qui tient le film sur ses épaules à travers une interprétation à la fois sobre et habitée. Avec elle, nous passons près des trois quarts du film dehors, à ciel ouvert, dans cette vallée verdoyante en été et glaciale en hiver, dans une réelle proximité avec la nature. Une voix intérieure, à la fois présente et discrète, nous invite à partager ses errances et ses états d'âme sans jamais nous faire sortir du film. Un véritable exploit tant l'utilisation de la voix off se révèle souvent un exercice périlleux. 

À la fois ode à la nature et conte philosophique, un petit chef-d'oeuvre sublime et méconnu de la littéraire germanique, et sa fidèle adaptation cinématographique. 

La mur invisible, un roman de Marlen Haushöfer, publié en 1963.
Disponible aux Editions Babel et Actes Sud.
Prix Arthur Schnitzler 1963




Le mur invisible (Die Wand), un film allemand de Julian Pölsler, sorti en 2012
Disponible en DVD/BlueRay/VOD
Nommé pour l'Oscar 2014 du Meilleur Film Etranger.






Sur ce site, pour les amoureux des films contemplatifs:

DOC: Two Years at Sea
FILM: La Tortue Rouge
FILM: Printemps, été, automne, hiver et printemps







21 juillet 2018

FILM: Dans la peau du loup

Un trappeur vit seul dans un village de montagne abandonné du nord de l'Espagne et tente de trouver une femme avec qui partager sa vie ...


Petit avertissement avant d'entrer dans le vif du sujet : Dans la peau du Loup est un film réservé aux vrais amateurs de films contemplatifs, au rythme lent, sans dialogue ou presque, et dont le scénario tiendrait facilement sur un ticket de métro. Si, comme moi, vous aimez ce genre de cinéma, alors vous ne devez pas passer à côté de ce film, qui, s'il n'est pas totalement abouti, a le mérite d'assumer son genre, son rythme et son propos. 

Dans la peau du Loup est donc un film espagnol (Bajo la piel de lobo dans son titre original) réalisé par Samu Fuentes, sorti directement sur Netflix et en VOD sans même passer par la case cinéma, alors qu'il aurait mérité sans aucun doute d'être vu sur grand écran. Les vingt premières minutes posent très clairement le ton en nous invitant à suivre le quotidien de notre héros, chasseur/trappeur de loups, installé dans une cabane dans un village de montagne dont il est le dernier habitant. Vingt premières minutes sans dialogue, dans la forêt, dans la neige, au plus près de la nature, à suivre le quotidien de cet homme solitaire et bougon, ses routines répétitives et ses longues randonnées dans la montagne. Alors qu'il va vendre ses peaux de loup au maire du village voisin (une journée de marche tout de même), notre héros décide d'investir le fruit de ses ventes dans "l'achat" (au sens premier du terme) d'une jeune femme à son père pour lui tenir compagnie et assurer sa descendance. Malgré sa bonne volonté, cette compagne va avoir du mal à s'habituer à cette nouvelle vie âpre au côté de cet homme solitaire ... Et c'est ce qui interpelle dans ce film: le style de vie montagnard n'est pas en cause dans les difficultés d'adaptation de la jeune femme, mais plutôt la personnalité de notre héros À force de vivre seul, il est devenu froid, distant, inapte aux sentiments, et incapable du moindre respect pour cette femme qui est forcée de partager sa vie avec un loup, ou plus exactement avec un ours. Et ce postulat de base est à la fois l'intérêt du film, et sa limite. Comme les deux (seuls) personnages principaux ne partagent pas grand-chose, et qu'ils n'évoluent pas, ni dans leur caractère ni dans leur relation de couple, le film tourne parfois un peu en rond. Malgré ce parti pris assumé qui risque de dérouter certains, Dans la peau du Loup est un film de bonne facture, un huis clos à ciel ouvert authentique et touchant, porté par de belles images, et une réalisation sobre et cohérente. Sans oublier une mention spéciale pour les comédiens principaux, Mario Casas, Ruth Diaz et Irène Escolar, parfaits dans leurs rôles pleins de retenue et de regards fuyants. 

Un vrai film lent et contemplatif, réservé aux vrais amateurs du genre ! 

Dans la peau du loup, un film de Samu Fuentes sorti en juillet 2018.
Disponible sur Netflix et en VOD.




Sur ce site, pour les amateurs de films contemplatifs:

ROMAN & FILM: Le mur invisible
FILM: Last Remains
DOC: Two years at seas



12 juillet 2018

FILM: A la Dérive

Suite à une violente tempête, une jeune femme et son compagnon vont dériver pendant plusieurs semaines sur leur voilier dans l'Océan Pacifique et tenter de survivre ...


Comme souvent dans ce genre "film de survie sur l'océan" de plus en plus populaire, À la Dérive est inspiré d'une histoire vraie, celle de Tami Oldham et de Richard Sharp, qui, en 1983, survirèrent durant 41 jours et 2500 kilomètres seuls sur leur voilier ravagé par une violente tempête. Depuis la publication en 1998 de Red Sky in Mourning, a true story of Love, Loss and Survival at Sea, un récit écrit par Tami Oldham elle-même et Susea McGearhart, cette histoire est devenue l'un des grands classiques de la littérature maritime contemporaine américaine. 
Le scénario, très classique, raconte l'histoire d'un couple qui lors du convoyage d'un voilier entre Tahiti et San Diego est pris dans une violente tempête qui laisse les deux marins coupés du monde et sans ressources à bord d'une épave flottante à la dérive. Le film, assez classique dans son traitement, réussi pourtant l'exploit de mélanger avec succès deux genres difficiles à associer, la comédie romantique et le film de survie. Alors que le couple se bat pour survivre dans des séquences plus réussies et réalistes que dans d'autres films de ce genre (All is Lost, 119 jours), des flash-back nous racontent le passé de nos deux héros, et leur rencontre. Cette construction renforce leurs liens, et rend leur lutte pour leur survie plus forte émotionnellement. Mais la réussite du film tient avant tout sur la formidable prestation de son interprète principale, Shailene Woodley, crédible et bouleversante dans le rôle de cette jeune navigatrice inexpérimentée qui se bat pour survivre et sauver son grand amour. Avec, en prime, un joli twist et une fin qui replace cette histoire dans son véritable contexte très émouvante.

Pour les amateurs de films de survie sur l'Océan. Une vraie réussite.


A la dérive (Adrift), un film de Baltasar Korkamur, sorti en France le 4 Juillet 2018.
Actuellement au cinéma. 



Red Sky in Mourning, de Tami Oldham Ashcraft et Susea McGearhart
Disponible seulement en langue anglaise. 


Sur ce site, pour les amateurs de films de survie sur l'océan:



18 juin 2018

FILM: The Grey / Le Territoire des Loups

Un avion s'écrase dans les neiges de l'Alaska sur le territoire d'un meute de loup. Les rescapés tentent de survivre dans un environnement hostile ...













Malgré la présence de Liam Neeson, The Grey, traduit maladroitement en français par Le Territoire des Loups, est passé un peu inaperçu lors de sa sortie, alors qu'il méritait sans doute davantage d'attention, de reconnaissance et de succès. Car The Grey est pour moi une des oeuvres cinématographiques marquantes de ces dix dernières années, ainsi qu'un des films les plus aboutis (et les plus durs) sur le rapport à la nature. 

John Ottway (Liam Neeson) et une dizaine d'ouvriers travaillant sur un chantier de construction d'oléoduc en Alaska survivent à un crash d'avion pour se retrouver seuls, en plein hiver, sur le territoire de chasse d'une meute de loups affamés par le froid. 
Dès les premières images, le réalisme de la mise en scène nous projette dans le film. Dans The Grey, pas de reconstitution en studio, de scènes avec de la fausse neige ou de condensation rajoutée en post production. Dans The Grey, tout a été tourné dans de véritables conditions, dans le Grand Nord canadien, dans de véritables décors naturels, en plein hiver, dans le froid et le vent, loin du confort du monde civilisé. Ce parti pris radical finalement assez rare se ressent à chaque image, mais aussi dans le jeu des acteurs, sur leur peau, dans leur regard, et, finalement, dans leur âme. Comme les personnages qu'ils interprètent, les comédiens (et les techniciens) sont allés se confronter à la réalité de l'histoire qu'ils racontaient. 
The Grey commence comme un "shoot them up" assez classique (film de survie où les protagonistes meurent les uns après les autres, où le jeu consiste à anticiper leur ordre de disparition, et à trouver l'identité des survivants), mais le film s'affranchit vite de ce schéma un peu éculé pour nous révéler sa véritable nature, plus sombre et plus métaphysique. Le spectateur comprend que, cette fois-ci, personne ne survivra. Le film explore alors les réactions de chacun de ces rescapés face à leur mort annoncée. Et même si l'environnement joue un rôle essentiel, à travers la présence des loups, le froid glacial et l'isolement, la thématique du rapport à la mort l'emporte sur celle du rapport à la nature. La variété des réactions des personnages face à leur inéluctable destin résonne en nous profondément, et nous interroge sur quelque chose d'essentiel et d'intime qui nous concerne tous: quelle attitude aurais-je face à l'annonce de ma propre mort ?
Si tous les personnages sont bien habités par des comédiens habitués à des seconds rôles, la prestation de Liam Neeson est pour beaucoup dans la réussite du film, un projet dans lequel il s'est jeté à corps (et à coeur) perdu pour exorciser la disparition accidentelle et subite de sa propre femme, décédée devant ses yeux des suites d'un banal accident de ski. L'intensité de son interprétation offre à son personnage, lui aussi veuf, des moments de grâce, de souffrance et de force bouleversants, jusqu'à la séquence finale, sublime.

Dernier conseil aux impatients: restez jusqu'à la fin du générique. Vous aurez alors la réponse à une question que vous vous poserez forcément à ce moment-là ... 


Un film profond et crédible qui va jusqu'au bout de son propos. Captivant.

The Grey / Le Territoire des Loups, un film de Joe Carnahan, sorti en 2012.
Disponible en DVD/VOD/BlueRay




La bande annonce:



Sur ce site, pour les amateurs de survie en milieu extrême:

SERIE: The Terror
ROMAN, FILM, DOC: The Revenant
FILM: Jungle




5 juin 2018

FILM: La Dernière Piste

Trois chariots de colons perdus dans la nature pendant la conquête de l'Ouest.

















Une rivière qui s'écoule lentement.
Un premier chariot la traverse, à son rythme. 
Puis un second.
Puis, beaucoup plus tard, un troisième, un peu à la traîne.
L'image est presque carrée, la caméra fixe, le son naturaliste, les dialogues minimalistes. 
Avec ce long plan-séquence qui ouvre le film, le ton est donné. 

La Dernière Piste fascine avant tout par son jusqu'au-boutisme.
Chez Kelly Reichardt, réalisatrice de films indépendants soutenue depuis ses débuts par le festival de Sundance, pas de compromis ni de soumission à une quelconque facilité. Pendant plus de deux heures, elle nous invite à suivre trois chariots et leur demi-douzaine d'occupants pour une lente errance dans les prairies de l'Ouest américain, et rien d'autre. Pas de rencontre avec d'autres pionniers, ni de ravitaillements en ville, ni de lumière qui brillent au loin dans la nuit. Ils sont seuls, livrés à eux-mêmes, et nous avec eux.
Le film est lent, contemplatif de paysages volontairement mornes et répétitifs. En prenant son temps, la réalisatrice nous en offre. Certains refuseront sans doute ce rythme particulier, mais ceux qui l'accepteront entreront dans une transe hypnotique dans laquelle le temps se déforme, et la perception sensorielle des images et des sons est exacerbée.
Durant les premières scènes, le choix d'une image très "carrée" (4/3) perturbe un peu, mais, petit à petit, ce choix audacieux et surprenant pour un film de grands espaces prend tout son sens. La réalisatrice n'est pas là pour nous offrir une ballade touristique dans les magnifiques paysages, mais pour nous imposer un voyage âpre et angoissant dans des décors immenses, monotones et inconnus. Et cela fonctionne. La tension est là, palpable, toujours plus intense. Le danger, animal ou humain (comprendre indien), peut surgir à tout moment, derrière chaque colline, au bout de chaque virage. Avec cette image carrée, nous sommes comme les pionniers que nous suivons, nous ne maitrisons que ce qui est juste à proximité d'eux. Tout le reste est inconnu et danger. 
Et lorsqu'un Indien, perdu lui aussi, croise leur chemin, le film devient moins naturaliste pour se consacrer à une thématique humaine universelle: la peur de l'autre, de l'inconnu, de l'étranger.
Un sujet plus que jamais d'actualité. 

Un film minimaliste et âpre sur le rapport entre l'Homme et les grands espaces.

La Dernière Piste / Meek's cutoff, un film de Kelly Reichardt, sorti en 2010.
Disponible en DVD/Blue Ray/VOD




Sur ce site, pour les amoureux des films contemplatifs:

FILM: La Tortue Rouge
DOC: Two Years at Sea
FILM: Le Mur Invisible




30 mai 2018

BD: Un Océan d'Amour

Un pêcheur breton se perd en mer et vit une incroyable aventure humaine et maritime, pendant que sa femme désespérée part à sa recherche...



Un Océan d’Amour raconte à la fois une formidable histoire d’amour entre un pêcheur et une cuisinière bretons, et un voyage homérien à bord d’une vieille barquasse de pêcheur perdue sur l’immensité de l’océan. Le récit s’articule autour de deux histoires parallèles, celle d’un marin perdu qui cherche comme Ulysse à rentrer chez lui, et celle d’une femme prête à prendre comme Pénélope tous les risques pour retrouver celui qu’elle aime. Le périple du pêcheur permet à ses auteurs de dresser un état des lieux alarmant de l’état actuel des océans, avec un mélange de militantisme et de poésie très proche de celui de mon roman Comme un Albatros. L’aventure de sa compagne nous entraîne dans un romance sentimentale à travers le voyage d’une femme dans un monde éloigné du sien. L'audacieux parti pris de raconter cette histoire uniquement par l'image (c'est à dire sans dialogues) renforce encore la poésie et l'humanisme qui habite chaque case de ce petit chef d’œuvre de la bande dessinée.

Une formidable odyssée poétique sur la mer et l'amour ...

Un Océan d'Amour, bande dessinée de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione (Delcourt, 2014)




Sur ce site, pour les amoureux de la mer:


  

24 mai 2018

COURT-METRAGE: Last Remains

Mon dernier court-métrage, Last Remains, en exclusivité.



Attention: Last Remains est un film contemplatif. A regarder dans le noir, avec un bon son, et seulement si vous avez un petit quart d'heure tranquille devant vous. 













Lien vers le film en libre accès sur Viméo.



1 mai 2018

SERIE & ROMAN: The Terror

1847. Deux navires et leurs équipages à la recherche du passage du nord ouest sont bloqués dans les glaces de l'Arctique...


1847. Deux navires, le HMS The Terror et son sister-ship le HMS Erebus, partent à la recherche du mystique passage du nord-ouest lorsqu'ils sont pris par les glaces et obligés de passer l'hiver sur place. Pour les deux équipages, une grosse centaine d'hommes au total, la vie quotidienne s'organise dans des conditions extrêmes pendant qu'une étrange créature rode sur la banquise ... 
The Terror, série américaine en dix épisodes créée par David Kajganicj et Soo Hug, est une adaptation plutôt fidèle (m'a-t-on dit) du roman Terreur de Dan Simons, lui même inspiré de faits historiques réels, ces deux navires de la marine britannique ayant vraiment disparus au milieu du 19e siècle.
Dans les deux rôles principaux, nous retrouvons des habitués des séries télévisuelles ambitieuses, les charismatiques Jared Harris (capitaine Francis Crozier) et Ciaran Hinds (capitaine John Franklin) dans des prestations haut de gamme, entourés de nombreux seconds rôles formidables, parmi lesquels Paul Ready (le docteur Goodsir), Adam Nagaitis (le renégat Cornelius Hickey) et Tobias Menzies (le lieutenant James Fitzjames). 
L'immense qualité de cette série est de nous plonger pendant plus de dix heures dans un environnement plus qu'hostile, sans aucun répit, c'est à dire sans presque aucun retour au monde civilisé. Le résultat est que, pour une fois, nous sommes réellement en immersion au plus près de la nature, à savoir sur une banquise en plein hiver Arctique. La direction artistique est réaliste tout en restant élégante, le scénario, intense et plus riche qu'il aurait pu l'être dans une telle arène. Et rien ne nous épargné de la souffrance de ces hommes perdus au bout du monde. Les visages sont marqués, les corps maltraités, les peaux abimées, et les âmes soumises à rude épreuve. Ce ton volontairement  sans concession tient jusqu'à la fin, ce qui est suffisamment rare pour être loué. Au fil des épisodes se dessinent à la fois un formidable thriller et un passionnant témoignage sur une époque aujourd'hui révolue, une époque où certains endroits du globe restaient encore à découvrir, où courage, risque et danger signifiaient encore quelque chose pour ces explorateurs qui s'embarquaient pour de longues expéditions à l'issue incertaine, avec un matériel rudimentaire et aucune manière de communiquer avec le monde civilisé. Certains partaient pour l'argent, d'autres pour fuir la justice, ou encore pour trouver la gloire et atteindre la postérité, mais tous étaient pleinement conscients des dangers qu'ils encouraient, et tous étaient prêt à payer le prix fort pour en être. Leur histoire de survie sur cette banquise perdue au nord du Nord est dure comme la glace, âpre comme l'hiver arctique, sombre comme ces régions où le soleil parfois ne se lève plus.  Les deux derniers épisodes, à la limite du soutenable, vont au bout du propos de la série: la nature sait se montrer sans pitié. 

Apre, dur et immersif, un voyage à la fois géographique, temporel et humain au bout du monde. 

The Terror, série 10*52' diffusée en 2018, créée par David Kajganicj et Soo Hugh.
Diffusion AMC et Amazon Prime Vidéo en France.
Et bientôt en DVD/BlueRay/VOD



Bande annonce:


Terreur, un roman de Dans Simmons publié en 2007.
Version française parue en 2008 aux Editions Robert Laffont. 
Disponible également en format de poche. 



Sur ce site, pour les amateurs de conditions extrêmes: