2130. Les radars terrestres repèrent un gigantesque vaisseau spatial dans le système solaire qui se dirige vers la Terre.Une équipe de scientifiques part à sa rencontre et découvre à l'intérieur un nouvel écosystème et les traces d'une civilisation disparue...
Rendez-vous avec Rama est avant tout un roman de science-fiction écrit par l'un des maîtres du genre, Arthur C. Clarke, le papa entre autres de 2001: l'odyssée de l'espace. Le vaisseau spatial qui entre dans les système solaire et se dirige droit vers la Terre se révèle être un gigantesque cylindre renfermant un écosystème endormi par le froid, et qui va se réveiller au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche du soleil ... La particularité de Rendez-vous avec Rama réside dans la minutie avec laquelle l'auteur s'intéresse à cet écosystème mystérieux. La faune et la flore qui y vivent sont à la fois proches des nôtres, et totalement différentes. Petit à petit, nous découvrons avec les scientifiques de l'expédition les merveilles de Rama, l'occasion d'un voyage documenté et poétique dans une autre nature que la nôtre. Une expérience unique et savoureuse. Le mariage réussi de la science-fiction et du nature writing. Unique. Rendez-vous avec Rama, un roman d'Arthur C. Clarke Première édition en 1973. Disponible dans de nombreuses éditions.
Le combat pour sa survie d'un navigateur solitaire sur un voilier endommagé suite à une collision...
Voir Robert Redfort, (vraiment) seul sur un bateau, sa
gueule d’ange burinée par les années, se battre contre l’adversité pendant plus de deux heures, est déjà en
soi un vrai moment de cinéma. La mise en scène, époustouflante dans certaines
séquences, nous immerge pleinement dans cette lutte pour la
survie, ce qui est d'autant plus étonnant lorsque l'on sait qu’un certain nombre de scènes ont été tournées en
studio, et truffées d’effet spéciaux invisibles. Pourtant, nous sommes pleinement
avec cet homme qui, au crépuscule de sa vie, seul sur son voilier endommagé, refuse de lâcher prise et qui,
grâce à son expérience de la mer et son instinct de survie, surmonte les unes
après les autres les épreuves que l'océan fait déferler sur lui.
Arrêtez le film trois minutes avant la fin, et vous aurez vu
un petit chef d’œuvre.
Choisissez de le voir jusqu’au
générique, et vous aurez vu un très bon film.
Un huis clos à un seul personnage à ciel ouvert, iodé et intense.
All is Lost, un film de J.C. Chandler, sorti en 2013.
Un auteur de bande dessinée décide de consacrer sa prochaine création au réchauffement climatique et nous invite à le suivre dans ses recherches ...
Saison Brune est une bande dessinée engagée qui dresse le bilan écologique de l'état de notre planète, et qui tire le signal d'alarme de manière documentée, pertinente, et constructive, en s'intéressant tout particulièrement au problème des émissions de gaz à effets de serre dans notre atmosphère. Son mode de narration est original. Philippe Squarzoni, son auteur, à la recherche d'un sujet pour sa nouvelle création, décide de s'intéresser au réchauffement climatique. Comme il n'y connait pas grand-chose, il s'engage dans de longues recherches sur le sujet et nous les offre sous forme de carnet de voyage imagé à travers les planches de cette bande dessinée. Le récit s'appuie sur une alternance de chapitres pédagogiques riches en explications scientifiques et en données statistiques, souvent accompagnés de comptes rendus d'entretien avec des spécialistes, avec des parties plus personnelles, plus poétiques, des morceaux choisis de la vie personnelle de l'auteur et de son épouse qui lui permettent de nous faire part de ses (leurs) questionnements et de ses (leurs) états d'âme au fur et à mesure de l'avancée de ses (leurs) recherches. Le procédé fonctionne bien, même s'il ne soulage pas totalement le lecteur de la sensation d'être en face d'une démonstration scientifique un peu didactique et répétitive. La densité des informations transmises dans cette bande dessinée volumineuse (480 pages !) et sa construction par thématiques nous incite vite à la lire par chapitres plutôt que d'une seule traite. Les spécialistes n'y apprendront rien de plus que ce qu'ils savent déjà, les débutants se laisseront sans doute rebuter par l'ampleur de l'œuvre, mais les autres y trouveront de quoi mieux comprendre la situation actuelle et les risques à venir.
Un documentaire sous forme de bande dessinée pour mieux appréhender notre situation écologique. Dense et essentiel.
Saison Brune, bande dessinée de Philippe Squarzoni (Editions Delcourt, 2012) Cette bande dessinée a reçu le prix Léon de Rosen de l'Académie Française pour avoir contribué à une meilleur compréhension et à la diffusion de valeurs que recouvre la notion de respect de l'environnement.
Ceux qui préfèrent l'image vivante au dessin pourront se rabattre sur Une Vérité qui dérange, le documentaire de David Guggenheim (et Al Gore), qui traite du même sujet et pourrait presque être regardé comme l'adaptation en documentaire de Saison Brune. Le film est un peu daté (2006), dans sa forme comme dans ses chiffres, mais l'essentiel de son discours est malheureusement toujours d'actualité.
Une vérité qui dérange, documentaire de David Guggenheim, 2006 (1h38)
Un père de famille emmène sa femme et ses quatre enfants au Honduras pour vivre dans un village dans la jungle ...
Captain Fantastic, version années 80 ... Allie Fox, père de famille, inventeur génial et altermondialiste avant l'heure, décide d'emmener sa petite famille au cœur de la jungle du Honduras pour vivre simplement, au plus près de la nature et des autochtones, loin des affres de la civilisation moderne. Tout se passe bien jusqu'au jour ou la belle aventure vire au cauchemar ... Contrairement aux apparences, The Mosquito Coast ne raconte pas l'histoire d'une famille qui a décidé de vivre dans la jungle, mais celle d'un père de famille, utopiste et autoritaire, qui oblige femme et enfants à le suivre davantage dans un délire mégalomaniaque que dans une réelle nouvelle expérience de vie. Les qualités, mais aussi les limites de ce film, viennent de ce contre-pied, qui explique sans doute en partie l'échec commercial et critique du film lors de sa sortie. Car tout commence bien pour cette petite famille. Sous les ordres du père de famille et avec l'aide de quelques familles indiennes, ils bâtissent un petit village paradisiaque et ingénieux, mais qui ne suffit pas à la mégalomanie du père, qui décide alors de construire une gigantesque usine pour offrir de la glace aux indiens, symbole ultime pour lui de la modernité et du progrès. Il fait alors subir à son royaume les mêmes excès que ceux qu'il reprochait à la société moderne américaine. Et lorsque son rêve s'écroulera, il refusera de renoncer et s'enfermera dans le mensonge pour obliger sa famille à le suivre dans sa folie ... Le film en lui-même est un peu daté années 80, dans sa mise en scène, dans la gestion de ses personnages et dans sa structure. L'introduction est un peu longue, la fin un peu rapide, mais entre les deux, le récit tient plutôt bien, et l'on prend un réel plaisir à suivre les péripéties de cette drôle de famille. Pourtant, la mère de famille (Helen Mirren, discrète) est d'une passivité gênante, les enfants finalement assez peu mis en valeur, et le film trop exclusivement centré sur le personnage du père, Harrisson Ford, crédible et généreux dans une prestation à oscar à la mode des années 70 originalement destinée à Jack Nicholson. Reste le regard habité du regretté River Phoenix, le fils ainé de la famille, dont le film adopte (plus ou moins) le point de vue, et une bonne heure d'immersion plutôt réussie dans la jungle.
Un film pas totalement abouti, au service d'une histoire qui fonctionne. Inégal mais intéressant.
The Mosquito Coast, un film de Peter Weir sorti en 1987. D'après le livre éponyme de Paul Théroux (1984). Disponible en DVD/BlueRay/VOD
Sur ce site, pour les amoureux de la culture indienne sud américaine:
Un employé de FedEx survit à un crash d'avion dans le Pacifique et se retrouve seul sur une île déserte ...
Inutile d'essayer de le cacher, Seul au Monde est un film hollywoodien, basé sur un scénario huilé et efficace, mais souvent cousu de fil blanc. L'histoire s'ouvre par une longue introduction visant à présenter le héros dans son quotidien protégé et confortable, mais aussi (et surtout) FedEx, célèbre société de livraison à domicile, personnage à part entière du film, et sans doute aussi investisseur conséquent dans son financement. L'épilogue, lui, s'étire un peu trop pour aboutir sur un happy end consensuel à la fois touchant et insupportable.
Pourtant, le film fonctionne, car entre ces deux phases un peu classiques, Seul au Monde offre une bonne heure et demie d'immersion dans une histoire de survie honnête et prenante, portée par une prestation très investie et convaincante de Tom Hanks, sans doute à cette époque à l'apogée de sa carrière.
Après une incroyable séquence de crash d'avion vue de l'intérieur et une non moins stupéfiante séquence de survie dans une mer déchainée, Chuck Noland, un cadre supérieur de chez FedEx se retrouve seul sur une minuscule île du Pacifique. Au programme, visite de cet ilot du bout du monde, apprentissage de l'allumage de feu, découverte des joies de la pèche, expériences d'ouverture de noix de coco, séance d'auto chirurgie dentaire, et inévitable chantier de construction de radeau.
Si cette réappropriation du mythe de Robinson Crusoé n'est pas toujours originale, elle s'offre tout de même quelques transgressions innovantes. Dans Seul au Monde, point de cabane, de lit ou de table de fabrication artisanale, notre rescapé solitaire se contentant du minimum, à savoir une grotte pour les jours de pluie, et une porte de placard d'avion en guise d'abri pour les journées trop ensoleillées. Petit à petit, la mer rejette sur la plage une collection de paquets (non livrés) FedEx, et nous offre une scène hilarante dans laquelle le héros, comme un enfant un matin de Noël, ouvre les uns après les autres ses cadeaux de fortunes. Certains lui seront précieux dans sa quête de survie, d'autres absurdement inutiles. Vendredi cède sa place à Wilson, un ballon de volley-ball maquillé en visage, qui, véritable exploit, parvient par moment à voler la vedette à Tom Hanks.
Petit à petit, sur ce petit morceau de terre perdu dans l'immensité de l'océan, le temps se dilate, notre héros s'adapte, évolue, souffre, et nous avec lui. Et lorsqu'il quitte enfin sa prison, il nous laisse à la fois soulagés de le voir regagner la civilisation, et frustrés de ne pas rester encore un peu sur cette île du bout du monde.
Une version contemporaine de Robinson Crusoé. Hollywoodien, mais réussi. Cast Away, un film de Robert Zemeckis, sorti en 2000. Disponible en DVD/BlueRay/VOD.
L'histoire (réelle) de Raymond Maufrais, jeune explorateur français de 23 ans parti en 1949 en expédition solitaire dans les forêts de Guyane à la recherche d'une tribu indienne encore inconnue ...
Le cinéma français (comme la littérature) traitant trop rarement du rapport entre l'homme et la nature, il était impossible de ne pas saluer l'existence de ce film (français, donc) dans ce blog, mais malgré un titre plus que prometteur, le film ne tient pas toutes ses promesses, loin de là. Plutôt que de s'intéresser de la quête de la vie pure, que ce soit d'un point de vue métaphysique, spirituel ou même altermondialiste, l'auteur/réalisateur, Jérémy Banster, choisit une autre thématique, l'obstination de son héros à aller au bout de ses rêves, coûte que coûte. Nous assistons donc à l'aventure humaine touchante d'un jeune homme prêt à tout sacrifier pour être le premier à entrer en contact avec une tribu indienne vivant au coeur de l'immensité de la forêt guyanaise, et au combat de son père pour le retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Ce parti pris thématique, tout à fait légitime, n'en demeure pas moins surprenant lorsque l'on sait que le réalisateur est allé au bout de son propos en emmenant son équipe au coeur de la forêt originelle guyanaise, loin de la civilisation, pendant une assez longue période de tournage. Lorsque le héros finit par se retrouver livré à lui-même au coeur d'une nature dont il ne connait presque rien, le film devient subitement brutal, violent, presque douloureux à regarder. Cette dernière demi-heure du film, réaliste et plutôt convaincante, aurait sans doute été plus intéressante si elle avait été précédée d'une phase plus contemplative et plus spirituelle pour nous connecter avec la beauté et la puissance de la forêt, avant de nous la rendre âpre et forcément tragique. Il n'en reste pas moins de très jolies séquences dans cette magnifique forêt guyanaise, qui mènent à une scène finale sublime, d'une poésie et d'une puissance métaphysique rare. On regrette alors que le film se termine, et surtout qu'il n'ait pas basculé plus vite dans cette véritable quête de la vie pure que le héros finit tout de même par atteindre.
Quand le rapport à la nature se durcit. Inégal mais honnête et généreux.
La Vie Pure, film français de Jérémy Banster, sorti le 25 Novembre 2015 Disponible en VOD, et le 25 décembre 2016 en BlueRay/DVD
Sur ce site, pour les amoureux de la culture indienne sud américaine:
La légende des Chevaliers de la Table Ronde, revisitée par Barjavel, et centrée sur le personnage de Merlin, enchanteur sylvestre dans une forêt de Brocéliande plus mythique et fascinante que jamais ...
Un roman à la fois classique et novateur. Une curiosité.
L'Enchanteur, un roman de René Barjavel.
Première édition en 1984. Disponible chez Gallimard dans la collection Folio.
Suite au naufrage de son bateau, Robinson se retrouve seul sur une île déserte ...
Deux classiques du genre, dans deux versions aussi passionnante l'une que l'autre. Universel et indémodable.
Robinson Crusoé, de Daniel Defoe. Première édition en 1719. Disponible dans d'innombrables éditions.
Vendredi ou les Limbes du Pacifiques, de Michel Tournier. Première édition en 1967 aux Editions Gallimard. Grand Prix du Roman de l'Académie Française. Existe aussi en version jeune public sous le titre Vendredi ou la Vie Sauvage.