© P.Yves Touzot 2018

20 juillet 2017

LES SAISONS (Doc)

Une forêt européenne, ses animaux, ses saisons, avant que l'homme ne prenne le dessus sur la nature.


Difficile de critiquer le dernier film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud tant l'intention est louable de vouloir encore et toujours sensibiliser aux merveilles fragiles de la nature. Pourtant, ce voyage ambitieux manque cette fois-ci de fluidité, et de profondeur.
À cause du titre, d'abord, qui promettait un voyage à travers le temps, alors que le film se contente de nous entraîner durant quatre saisons d'une année, sans jamais tenter de nous montrer son évolution au fil du temps, ce qui rend le film finalement assez classique, dans la veine des nombreux documentaires d'immersion en milieu forestier proposés par la télévision.
À cause de la mise en scène, aussi, qui fait se rencontrer différentes espèces pour les besoins de la narration, un procédé utilisé souvent de manière abusive dans les documentaires animaliers de flux actuels, même s'il respecte ici un code de déontologie rigoureux. La scène de poursuite des chevaux sauvages par des loups est visuellement bluffante, mais pas vraiment crédible (entre autres parce qu'elle se termine sans festin), et donc assez pauvre émotionnellement.
À cause du montage, enfin, qui tente de manière artificielle de nouer des relations entre les habitants de cette forêt en créant des jeux de regard qui sonnent souvent faux. Cette volonté de "fictionnaliser" les relations entre les différentes espèces, chère au duo de réalisateurs et qui avait fait la réussite de leurs précédents films (le Peuple migrateur et déjà dans une moindre mesure Océans), semble ici atteindre ses limites. Les ficelles sont trop visibles, et la magie n'opère pas pleinement.
Malgré ces réserves, le film offre son lot d'images magnifiques, quelques séquences d'anthologie, et un dernier quart d'heure inattaquable qui milite pour la protection de la planète, mais qui, à l'image du film dans son ensemble, manque un peu de conviction, de poésie et de folie. 

Un documentaire inabouti, mais sincère et engagé.

Les Saisons, un documentaire de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud sorti en 2015.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.





Sur ce site, pour les amateurs de forêt:

ESSAI: La Vie Secrète des Arbres
BD: Sauvage ou la sagesse des pierres
ROMAN & FILM: Le Mur Invisible

 


31 mai 2017

PRESSE: National Geographic spécial Parcs Nationaux

Les plus beaux parcs nationaux du monde vus par le National Geographic.

    Yellowstone, USA

Petit article un peu différent pour saluer (avec un peu de retard) la publication d'un numéro hors-série du National Geographic sur les plus beaux parcs nationaux du monde. Au programme, un voyage d'une centaine de pages à la rencontre de ces lieux qui nous font rêver: les grands classiques nord-américains (Yellowstone, Yosemite, Grand Canyon, Banff, Monument Valley...), d'autres moins connus (Zion, Delani, Redwood...), les stars européennes (Mercantour, Spitzberg, Vatnajokull, Donana...), sud-américaines (Iguazu, Torres del Paine, Galapagos...), asiatiques (Sagarmatha, Petra, Babe...), africaines (Chutes Victoria, Kilimandjaro, Serengeti...), sans oublier l'Océanie (Grande Barrière de Corail, Tongariro, Westland Taï Poutini, Uluru...).
Bref: 76 parcs nationaux sur les cinq continents pour les amoureux des grands espaces et de la nature dans ses plus belles parures. Pour se rendre dans la plupart de ces parcs nationaux, le billet d'avion coûtera un bras, mais il faut savoir de temps en temps, quand on le peut, casser sa tirelire pour aller à la rencontre des plus beaux endroits du monde, pour les voir, les visiter, les sentir et les ressentir dans leur pleine réalité. 

Un sublime voyage pour moins de dix euros !

National Geographic Les plus beaux parcs nationaux du monde, hors série février-mars 2017.
Disponible sur le site du magazine. 


    Uluru, Australie

    Torres Del Plaine, Chili

    Serengeti, Tanzanie

    Iguazu, Brésil & Argentine

    Badlands, USA

    Banff, Canada

    Galapagos, Equateur







30 mai 2017

DOC: Before the Flood / Avant le Déluge

2016. Leonardo Di Caprio, star mondiale, fraichement nommé ambassadeur de l'ONU, en charge du réchauffement climatique, dresse un bilan de l'urgence de la situation actuelle.



Dix ans après Une Vérité qui Dérange, Léonardo Di Caprio reprend le flambeau des mains d'Al Gore et met son image en jeu pour persuader les sceptiques du réchauffement climatique de l'urgence de notre situation. 
Après trois années passées à sillonner le monde, le réalisateur Fisher Stevens et la star hollywoodienne nous livrent un documentaire-choc sur l'état de la planète et ses perspectives d'avenir en matière d'écologie. Leur constat, forcément grave, se veut néanmoins optimiste et rempli d'espoir. Before The Flood (à prendre au sens biblique du terme) alterne les mises en gardes alarmistes (le massacre des forêts philippines pour créer des champs sans fin d'huile de palme, l'accélération de la fonte de l'immense calotte glaciaire du Groenland, les premiers déplacements de population de réfugiés climatiques des iles du pacifique sur le point de disparaitre suite à l'augmentation du niveau de la mer, etc) et les avancées remplies d'espoir (la prise de conscience du gouvernement chinois en matière d'écologie, l'indépendance vis-à-vis d'énergies fossiles des Pays-Bas, les progrès constants de l'Allemagne en matière d'énergies renouvelables, et bien sûr la signature des accords de Paris de la COP21).
Alors qu'un climatosceptique s'installe pour quatre années à la tête de la première puissance mondiale, le film résonne comme un avertissement pour rappeler à l'Amérique sa responsabilité dans la dégradation de la situation actuelle, et son indispensable implication dans toutes les décisions qui permettront de sauver ce qui peut encore l'être.

Un nouveau cri d'alarme dans un monde qui continue à faire comme si l'essentiel était ailleurs. L'un des plus grands mystères de notre époque. 

Before the Flood, un documentaire de Fisher Stevens, sorti en 2016.


La bande-annonce:



Le discours de Léonardo Di Caprio devant les représentants de l'ONU:






17 mai 2017

ROMAN & FILM: Jonathan Livingston le Goéland

Alors qu'il devrait se contenter de dormir et de manger comme les autres goélands de son Clan, Jonathan aime voler ...


Oui, le livre comme le film ont un peu vieilli, et sont vraiment très marqués années 1970.
Mais au-delà de ce énième constat sur le temps qui passe, Jonathan Livingstone le Goéland reste une magnifique fable, et le film une expérience cinématographique unique, au service d'un message universel accessible à tous.
Jonathan est un goéland (presque) comme les autres qui vit au milieu des siens sur une falaise au-dessus de l'océan. Comme les autres, mais à une différence près: Jonathan veut voler. Malheureusement pour lui, la tradition ancestrale de son peuple veut que les goélands se contentent d'utiliser leurs ailes pour se déplacer maladroitement sur des courtes distances, et accessoirement pour les plus habiles d'entre eux pour pêcher, et certainement pas pour s'amuser et pour voyager. Jonathan, lui, veut voler, aller plus loin, plus vite, et découvrir le monde, ce qui, comme vous l'imaginez, passe assez mal auprès de sa petite communauté conservatrice. Sa soif de liberté va l'amener à s'opposer à son peuple, à prendre des risques, et à partir en exil.
Après Jack London et son chien Buck, et avant Bernard Werber et ses fourmis, Jonathan Livingstone le Goéland adopte le point de vue d'un goéland. Le parti pris est fort, original, même si le parallèle avec l'homme reste omniprésent. Richard Bach, l'auteur du livre, et après lui Hall Bartlet, réalisateur de son adaptation cinématographique fidèle, nous invitent à un trip spirituel et sensoriel au plus prés des éléments, à être portés par le vent entre le ciel et la mer pour un magnifique voyage. L'occasion pour eux de nous parler de droit au rêve, de droit à la différence, de droit à la liberté. En dire davantage sur l'histoire serait criminel, mais il est probable que ce petit roman court (une centaine de pages), à ranger sur une étagère de bibliothèque entre le Petit Prince de Saint Exupery et l'Alchimiste de Paulo Cuehlo, vous habitera longtemps une fois le dernier chapitre achevé.  Quant au film, son caractère unique (et "new age") le condamne sans doute à rester seul sur son étagère, tant il n'est comparable à aucun autre.  

Un petit livre pour une grande aventure.


Jonathan Livingstone le Goéland de Richard Bach (
Première publication en 1970)


Jonathan Livingstone le Goéland, un film de Hall Bartlet (1973)



Sur ce site, pour les amateurs de récits à part:





5 mai 2017

SEUL FACE A LA NATURE / MAN VS WILD (TV show)

Bear Grylls, spécialiste de la survie en milieu naturel hostile, se met volontairement dans des situations périlleuses dans des environnements sauvages extrêmes et nous explique comment survivre.


Alors éteignons tout de suite un incendie qui pour moi n’a pas de raison d’être : oui, Seul face à la Nature (Man vs Wild dans son titre original) est un show télévisé très bien préparé, savamment mis en scène, parfois bidonné, et son animateur vedette Bear Grylls joue les rescapés solitaires alors qu’il est en permanence entouré d’une solide équipe de tournage.
Mais...
En terme à la fois d’aventure humaine et de culture de la survie en milieu naturel hostile, Bear Grylls est notre maître à tous. Chacune de ses émissions propose son lot de leçons de vie, de conseils éclairées et d’astuces ingénieuses pour ceux qui sont concernés par l’immersion en milieu naturel, et au delà par le rapport à la nature. Car malgré l’inévitable construction marketing du show, sa sincérité et son engagement dans ces aventures "into the wild" (ainsi que ceux des membres de son équipe technique) dans les lieux les plus retirés de la planète sont indéniables, et le résultat souvent plus que convainquant. Cet homme est passionné par ce qu’il fait, et il prend un réel plaisir à partager ses connaissances avec nous. Et c’est déjà un très beau cadeau.

Périlleux, extrême, documenté ... et potentiellement utile !

Man vs Wild, un tv show créé par Bear Grylls
8 saisons entre 2006 et 2015 - 72 épisodes - Discovery Channel
Disponible en DVD/BlueRay





Sur ce site, d'autres illuminés :

DOC: Grizzli Man
SITE INTERNET: Jessi Wandering
DOC: Les Pouvoirs Magiques de l'Eau





27 avril 2017

PRINTEMPS, ETE, AUTOMNE, HIVER (Film)

Les relations entre vieux maître zen et jeune disciple, qui vivent dans une cabane en bois flottant au milieu d'un lac isolé dans la forêt ...


Printemps, été, automne ... est vrai film contemplatif, un conte philosophique bouddhiste qui se déroule dans une cabane en bois posée au centre d'un lac perdu au milieu de collines arborées. Un conte, ou plus exactement cinq contes, puisque comme le titre l'indique, le récit est divisé en cinq chapitres qui abordent chacun leur propre thématique. 
Le premier chapitre, Printemps, est consacré à une jolie leçon de vie. Pour s'amuser, le jeune disciple attache une pierre à un poisson, à une grenouille et à un serpent. Pour lui faire comprendre la signification de son geste, le maître lui attache à son tour une pierre à la taille et exige qu'il aille libérer ses victimes avant de se libérer de son propre fardeau... Les cinq contes philosophiques qui composent le récit offrent un enseignement spirituel et philosophique très asiatique, qui nous imprègne autant qu'il imprègne le jeune disciple.  Kim Ki-Duc, le réalisateur sud-coréen, reste durant tout le film dans une ligne épurée et esthétisante qui nous fait entrer dans une transe hypnotique lente et contemplative, pour un long voyage (presque) immobile. La photographie est magnifique, les plans s'installent dans la longueur, les dialogues sont minimalistes, et la nature reste omniprésente à chaque instant. On ressort du film avec la sensation d'avoir pleinement vécu chacune de ces saisons, et avec l'envie d'aller à notre tour profiter de l'apprentissage du maître et de la sérénité de ces lieux propices à la méditation et la quête de spiritualité.  Si certains d'entre vous décident de céder à la tentation, le lac (et sa cabane) se trouve en Corée du Sud, dans la réserve de Jusan, dans la province du Gyeongsansbuk-do. Allez-y, mais gardez l'information pour vous. Il serait regrettable que ce lieu empreint de paix et d'authenticité soit pollué par trop de présence humaine.              

Un magnifique film contemplatif sur la transmission. 

Printemps, été, automne, hiver ... et printemps, un film sud-coréen de Kim Ki-Duc sorti en 2003.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD





Sur ce site, pour les amoureux des films contemplatifs:

FILM: La Tortue Rouge
DOC: Two years at Sea
FILM: La Dernière Piste




5 avril 2017

EN SOLITAIRE (Film)

Un marin se voit offrir une ultime chance de participer au Vendée Globe, course autour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Alors qu'il fait une halte forcée dans une crique pour réparer son safran, un évènement inattendu va bouleverser le déroulement de sa course ...



Attention, spoiler !
Un film sur la mer, sur la voile, mieux sur le Vendée Globe ! Autant reconnaître que pour l'auteur de Comme un Albatros que je suis (mon second roman qui part du même postulat de départ), l'attente était vraiment grande, sans doute beaucoup trop.
Je me souviens qu'en entrant dans la salle, j'espérais voir un grand film sur la solitude, sur cet univers particulier où des marins partent pour des mois en mer pour un long parcours de 40 000 miles sur tous les océans du monde, seuls sur leur petit monocoque, pour ce qui reste sans doute une des dernières véritables aventures humaines, à une époque où les alpinistes font la queue les jours de beau temps pour gravir l'Everest.
Mais il n'en fut rien. Après à peine dix minutes de films, notre marin solitaire ne l'était déjà plus.
J'espérais alors que le film développerait cette rencontre entre ces deux personnages si différents, que leur relation au cours de ce tour du monde allait se développer, s'intensifier, devenir profonde, surprenante, captivante ...
Encore raté. Ils ne se parlent pas et passent totalement l'un à côté de l'autre.
J'espérais en désespoir de cause pouvoir me raccrocher à une belle aventure humaine au plus près de la nature, en immersion totale au milieu des éléments naturels, le ciel, le vent, l'eau, la faune aquatique ...
Rien de tout ça. La moitié du film se déroule à terre, en France, pour nous raconter les difficultés de la femme du marin avec leur fille, ses difficultés scolaires, ses états d'âme de préadolescente, et ses problèmes de dentiste.
À ce moment-là, vous l'avez compris, le film était proche du naufrage, mais comme tout bon capitaine qui se respecte, je ne voulais pas abandonner le navire en pleine tempête, donc je suis resté jusqu'au bout.
Et j'ai vu un François Cluzet formidable en marin solitaire qui se voit offrir une ultime chance avant la retraite de gagner enfin cette course prestigieuse. J'ai vu des images en mer plutôt réussies, des océans qui m'on fait voyager, et des ciels qui m'ont fait rêver. Et j'ai apprécié (en connaisseur) la volonté du réalisateur-scénariste de faire découvrir le Vendée Globe au grand public à travers une fiction, ce que personne avant lui n'avait essayé de faire. Et je suis sorti de la salle heureux à l'idée qu'il y ait encore aujourd'hui des producteurs français pour faire exister ce genre de film.
Quelques points positifs donc, mais qui ne suffisent pas à faire d'En Solitaire le grand film sur la voile et la mer qu'il aurait pu être.

Une réelle déception. 


En solitaire, un film de Christophe Offenstein, sorti le 6 novembre 2013.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD




Pour les amateurs de voile, sur ce site:














16 mars 2017

KLONDIKE (Mini-série)

Etats-Unis, fin XIXe. Deux jeunes diplômés de l'université de Boston décident de tenter leur chance et de se rendre dans le Yukon pour y participer à la ruée vers l'or ...



Pour les amoureux des romans de Jack London (présent en tant que personnage à l'image), de l'histoire américaine et des grands espaces, la série Klondike est un véritable cadeau.
La grande qualité de ce voyage au pays des chercheurs d'or ne réside pas dans son scénario qui, s'il se laisse suivre sans accrocs, aurait mérité davantage d'enjeux, de profondeur et de rebondissements, mais dans l'incroyable reconstitution historique d'une des périodes à la fois les plus populaires et les plus méconnues de l'histoire de l'Amérique. 
La série s'ouvre par une séquence très spectaculaire de traversée de la White Pass, passage obligatoire pour les chercheurs d'or fraichement débarqués de leur bateau pour atteindre le Yukon, la rivière Klondike, Dawson City, et ses champs aurifères. Une fois de l'autre côté du col, un monde sauvage, violent et rarement source d'enrichissement les attendait. Et c'est la que la série prend tout sa signification, en nous montrant à quel point trouver de l'or dans de telles conditions était difficile, voire impossible. 
Une fois sur place, les chercheurs d'or devaient obtenir une concession, trouver du matériel pour l'exploiter,  y travailler jour et nuit pendant les beaux jours avant que l'hiver ne rende le sol trop dur pour être creusé. Ils devaient survivre à la famine, à la maladie, à l'hiver rigoureux et ses températures inhumaines, le tout dans des conditions de vie misérables, au coeur d'une faune humaine violente, isolée du monde civilisé et de ses lois. Et lorsque certains trouvaient de l'or, ce qui arrivait rarement et presque toujours en petites quantités, ils devaient échapper aux sirènes des sociétés privées qui s'enrichissaient sur les souffrances et les malheurs des chercheurs d'or en rachetant leur maigre butin pour une misère. Pour ceux qui parvenaient malgré ces obstacles à quitter la région avec quelques dizaines de grammes dans les poches, le plus dur restait à venir: ils devaient survivre au long voyage de retour vers le monde civilisé, sur des pistes truffées de pilleurs, de voleurs et de charognards. 
Au terme des quelques heures passées en immersion dans le Yukon sauvage de la fin du XIXe à regarder cette série, une évidence s'impose: chercheur d'or n'était pas un métier de tout repos. 

Un travail de reconstitution historique impressionnant pour une histoire qui nous immerge dans la réalité de la ruée vers l'or.  

Klondike, une série 3*90' réalisée par Simon Cellan Jones, produit par Ridley Scott, sortie en 2014.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD







Sur ce site:

FILM, DOC et ROMAN: The Revenant
FILM: Le Convoi Sauvage
FILM: La Piste des Géants







13 mars 2017

BD: Sauvage ou la sagesse des Pierres

Suite à la mort de son compagnon de randonnée, une jeune femme se retrouve seule dans une forêt et va faire un voyage mystique et métaphysique au cœur de la nature ...


Sauvage ou la sagesse des Pierres est une (longue) bande dessinée (presque) en noir et blanc qui nous invite à une immersion dans une forêt pour une fable mystique et métaphysique inspirée sur le rapport entre l'homme et la nature. L'héroïne, une jeune femme, voit son compagnon de randonnée mourir devant elle, et va, au sens propre comme au sens figuré se fondre dans la forêt. Durant son errance, elle sera hantée par le souvenir de son compagnon, reflet de sa propre part humaine agonisante. Elle assistera au réveil de sa part animale, et de ses sens depuis longtemps endormis par la vie en société. Elle sera confrontée au monde animal, à travers sa rencontre avec un renard rouge (à n'en pas douter un hommage au Petit Prince), au monde végétal représenté par des séquoias plusieurs fois centenaire, et enfin au monde minéral, à ces pierres annoncées dans le titre, et à leur sagesse.
Au fil des pages, l'auteur, Thomas Gilbert, brasse de nombreux thèmes, mais il nous invite davantage à une transe intérieure qu'à une réflexion structurée, en apportant rarement des réponses aux questions qu'il soulève. Il alterne des passages très lumineux et d'autres beaucoup plus sombres, voir résolument noirs, et il n'épargne rien à son personnage féminin, tant d'un point de vue physique que psychologique. Planches après planche, nous l'accompagnons dans sa quête existentielle, et dans son voyage violent et libératoire au plus proche des éléments naturels. Son histoire, poignante, ne nous lâche pas jusqu'à la dernière page. 
Thomas Gilbert s'offre une grande liberté dans la qualité de ses dessins, parfois très travaillés, d'autres fois plus crayonnés, une disparité qui, lorsque l'on y prête attention, a toujours du sens. Certains, comme moi, pourront être un peu repoussés à la lecture des premières pages par l'âpreté du graphisme, mais le voyage vaut l'effort de passer outre et de se laisser embarquer au cœur de cette forêt, au plus proche des renards, des séquoias, des pierres, de la pluie, du vent, des rivières et des hautes herbes. 

Un voyage au cœur de la nature. Profond et inspiré.

Sauvage ou la Sagesse des Pierres, une bande dessinée de Thomas Gilbert (2016).
Disponible aux Editions Vide Cocagne.



Sur ce site, pour les amoureux des Arbres:






26 février 2017

ROMAN: Rendez-vous avec Rama

2130. Les radars terrestres repèrent un gigantesque vaisseau spatial dans le système solaire qui se dirige vers la Terre. Une équipe de scientifiques part à sa rencontre et découvre à l'intérieur un nouvel écosystème et les traces d'une civilisation disparue...




Rendez-vous avec Rama est avant tout un roman de science-fiction écrit par l'un des maîtres du genre, Arthur C. Clarke, le papa entre autres de 2001: l'odyssée de l'espace. Le vaisseau spatial qui entre dans les système solaire et se dirige droit vers la Terre se révèle être un gigantesque cylindre renfermant un écosystème endormi par le froid, et qui va se réveiller au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche du soleil ... La particularité de Rendez-vous avec Rama réside dans la minutie avec laquelle l'auteur s'intéresse à cet écosystème mystérieux. La faune et la flore qui y vivent sont à la fois proches des nôtres, et totalement différentes. Petit à petit, nous découvrons avec les scientifiques de l'expédition les merveilles de Rama, l'occasion d'un voyage documenté et poétique dans une autre nature que la nôtre. Une expérience unique et savoureuse. 

Le mariage réussi de la science-fiction et du nature writing. Unique.

Rendez-vous avec Rama, un roman d'Arthur C. Clarke
Première édition en 1973. Disponible dans de nombreuses éditions.





Le Cycle de Rama:
Rendez-Vous avec Rama (1973)
Rama 2 (1989)
Les Jardins de Rama (1991)
Rama Révélé (1993, avec Gentry Lee)