BANDE ANNONCE:
31 octobre 2021
LAND (Film)
20 mai 2021
J'AURAIS PU ETRE MILLIONNAIRE, J'AI CHOISI D'ETRE VAGABOND (Essai)
Une biographie de John Muir, naturaliste américain du 19e siècle.
17 mai 2021
NOMADLAND (Livre & film)
Ruinée par la crise de 2008, une sexagénaire choisit de vivre dans son camion une vie de nomade dans l'Ouest américain...
Suite au cataclysme économique qui a ruiné sa ville ouvrière du Nevada après la crise des subprimes de 2008, Fern choisit de vivre une vie de nomade à bord de son van aménagé et nous invite à un voyage à ciel ouvert dans l'univers de ces vagabonds motorisés des temps modernes qui choisissent (ou subissent, parfois) de vivre selon des standards éloignés de la vie moderne actuelle. La grande force du film est de prendre son temps, de nous laisser à chaque plan sentir et savourer les évènements qui jalonnent la vie de Fern et des personnages qu'elles croisent sur sa route, et de nous faire voyager dans les grands espaces de l'Ouest américain. Le choix de confier les seconds rôles à de véritables nomades (comprendre des non-comédiens) renforce la crédibilité du film, son propos, et rend chacune des rencontres particulièrement émouvante. Nomadland est à la fois une critique militante engagée de cette société américaine qui broie les plus fragiles et laisse une partie toujours plus grande de sa population sur le côté de la route et un véritable voyage au plus près de la nature, une ode à la liberté, à la solidarité, une oeuvre d'un profond humanisme qui fera date.
A l'origine du film, Chloé Zhao, réalisatrice américaine d'origine chinoise, n'en est pas à son premier film engagé. On lui doit notamment Les chansons que mes frères m'ont apprises (2015), dont l'histoire se déroule dans une réserve indienne de l'Ouest américain, et The Rider (2017), qui suit le parcours d'une star du rodéo qui tente de se remettre d'un grave accident. Dans le rôle principal, la toujours sublime Frances Mac Dormand nous offre une composition dans la continuité de celle de Three Billboards outside Ebbing, Missouri, une nouvelle prestation remarquable pour laquelle est s'est préparée en vivant plusieurs mois dans un van, et qui est allé jusqu'à faire réellement des petits boulots comme emballeuse pour Amazon ou saisonnière dans la récolte des betteraves. Le scénario est adapté de Nomadland, surviving america in the twenty first century, un récit journalistique écrit par Jessica Bruder paru en 2017.
Ces derniers mois, Nomadland a reçu le Lion d'Or du festival de Venise 2020, le Golden Globe du meilleur film, et les Oscars du meilleur film, de la meilleure comédienne et de la meilleure réalisatrice, une récompense attribuée à une femme seulement pour la seconde fois de l'Histoire des statuettes dorées américaines. Espérons qu'elles offriront au film un surplus de notoriété qui lui permettra, lorsque les cinémas rouvriront après la pandémie, de faire le grand voyage autour du monde qu'il mérite.
Nomadland, un film de Chloe Zhao, sortie cinéma le 12 mai 2021.
Nomadland: survinving america in the twenty first century écrit par Jessica Bruder paru en 2017
15 octobre 2020
TOGO (Film)
L'histoire d'un chien légendaire qui par ses exploits au début du XXe en Alsaka siècle sauva un village dont la population était atteinte d'un épidémie ...
Alaska, 1925.
Togo, un husky de Sibérie (1913-1929), participe à la Course au Sérum, une (véritable) épopée en traîneaux à chiens sur plus de mille kilomètres depuis Anchorage pour faire parvenir à la population du village isolé de Nome atteinte d'une épidémie un sérum antidiphtérique. 20 attelages se relayèrent durant cette incroyable mission de sauvetage. En moyenne, chaque attelage parcourut environ 30 miles. Togo, lui, en parcourut 264... Togo est une production Disney, ce qui peut légitimement inquiéter les spectateurs qui ont assisté au naufrage de l'adaptation récente de l'Appel de la Forêt adaptée du roman de Jack London. Cette fois-ci, le film fonctionne, très bien même, en grande partie grâce au parti pris de son réalisateur Ericson Core de tourner avec de véritables chiens. La où le Buck de l'Appel de la Forêt était un animal en image de synthèse auquel il était difficile, certains dont je fais partie diront impossible, de s'identifier, Togo est un véritable husky, ou plus exactement plusieurs huskys, puisque qu'au-delà de l'histoire de cette course insolite, le film s'intéresse au passé de son héros, depuis sa naissance jusqu'à sa mort. Les scènes avec les chiens sont irrésistibles, à la fois drôles et émouvantes, les séquences d'entrainement, tournées sans effets spéciaux, à la fois crédibles et pédagogiques, puisqu'elles nous invitent dans l'univers des chiens de traîneaux du début du siècle. Les images de la course, qui se déroula dans des conditions climatiques dantesques, sont parfois exagérément spectaculaires, mais cela ne nuit en rien à l'histoire qui nous est racontée. Dans le rôle principal du musher Leonhard Seppala, Willem Dafoe est très convaincant, et d'une stupéfiante ressemblance avec le personnage réel, comme le montre une photo du véritable musher et de son chien en fin de film. Les seconds rôles sont eux aussi convaincants, en particulier Juliette Nicholson, dans le rôle de la femme du musher, de Christopher Heyerdahl, dans celui du maire de Nome, ainsi que de tous les personnages que croisent nos héros durant leur longue épreuve. En conclusion, Togo est un joli biopic canin, l'histoire d'un exploit légendaire, d'une amitié profonde entre un homme et un chien, et un formidable prétexte à un voyage au fin fond de l'Alaska sauvage.
Pour la petite histoire, à l'époque, le mérite de cette opération de sauvetage revint au chien Balto, le leader du traineau qui arriva à Nome avec les précieux sérums après avoir parcouru à peine 30 miles, et non à Togo. Une injustice flagrante qui fut réparée en 2011 lorsque le Times raconta la véritable histoire de cet exploit et déclara Togo "le chien le plus héroïque de l'Histoire", une reconnaissance post-mortem sans aucune signification pour ces deux héros discrets qui n'accordaient aucune importance à la notoriété. Un seul regret: que la pandémie qui frappe le monde ait entraîné une sortie du film directement sur la plateforme de Disney, et non au cinéma. Sur grand écran, dans une salle obscure, le spectacle aurait été total.
Togo, un film de Ericson Core - Disponible sur Disney+ et bientôt en DVD.
Les véritables Leonhard Seppala et Togo.
Sur ce site, pour les amateurs d'Alaska:
5 avril 2020
L'ILE MYSTERIEUSE (Roman)
Après des années de lecture de récits d'homme (plus ou moins) seul dans la nature, une lacune inacceptable m'habitait: je ne m'étais jamais aventuré à la découverte l'un des piliers de cette littérature de nature writing, le célèbre l'Ile mystérieuse du non moins célèbre Jules Vernes. Ecrite à la fin du 19e siècle, l'histoire de ces naufragés isolés sur une ile reconnaît de la plume même de son auteur sa filiation directe avec son illustre ancêtre Robinson Crusoé, le roman plus ou moins biographique écrit par Willem Dafoe d'après l'histoire vraie d'Andrew Seerking.
Quelques différences de taille dirigent pourtant l'Ile Mystérieuse dans une tout autre direction.
Tout d'abord, les personnages de Jules Verne ne sont pas seuls. Leur groupe est composé d'un ingénieur, d'un journaliste, d'un marin, d'un Afro-1méricain, d'un jeune appelé, et d'un chien. Ensuite, aucune épave échouée, aucun coffre dérivant, aucun vestige enterré ne viendra aidé nos héros, qui ne devrons compter que sur leur savoir, leur volonté et les richesses de la nature pour survivre.
Au moins dans un premier temps...
A travers le talent de son personnage central, l'ingénieur Cyrus Smith, L'Île mystérieuse est une ode appuyée à la science, à la connaissance, et au génie humains. Pour ce scientifique accompli, rien n'est impossible. Grâce à lui, nos naufragés vont recréer une (mini) civilisation sur cette île perdue au milieu de l'océan Pacifique. Leur histoire est également un hommage aux vertus de l'entraide, de la communauté et de la solidarité. L'île Mystérieuse est également un véritable récit de nature writing, dans lequel la nature joue un rôle central. Car dans leur malchance, nos naufragés ont la chance de s'échouer sur une ile luxueuse, où vit une faune riche et variée, où prospère une flore abondante, une sorte de jardin d'Eden inespéré. Chapitre après chapitre, Jules Vernes y déclare sans ambiguïté possible son amour et son admiration pour Dame Nature.
L'île mystérieuse est également une curiosité dramaturgique, une histoire sans vilain, sans excès de violence, ou tout se passe pour le mieux, un récit dont le seul enjeu est d'admirer sans retenue le génie de ses personnages, l'efficacité sans faille de leur collaboration, et de savourer à chaque page le plaisir de s'immiscer discrètement au sein de leur communauté. Tout cela en réservant à ses lecteurs un formidable twist, un retournement de situation (forcément) ingénieux, et inattendu.
Du grand art.
L'ile mystérieuse, un magnifique roman dans la plus pure tradition du nature writing. A découvrir, ou à redécouvrir.
L'Île mystérieuse, un roman de Jules Vernes.
Première édition en 1875.
Disponible dans de nombreuses éditions.
Quelques adaptations pour le cinéma et la télévision, que je n'ai pas (encore) vues.
Version 1973, un film de Juan Antonio Bardem et Henri Colpi.
Version 2005, un téléfilm réalisé par Russel Mulcahy.
Pour les amateurs de récits épiques, sur ce site :
ROMAN: Terre Lointaine
BD: Un ocean d'Amour
FILM et ROMAN: Légende d'Automne
18 mars 2020
PRIMAL (Série animation)
Un homme des cavernes voit sa femme et ses deux petits enfants se faire dévorés par un tyrannosaure. Dans sa fuite, le hasard lui fait croiser le chemin d'un tyrannosaure femelle, qui assiste, elle aussi, impuissante à la mort de ses deux petits, dévorés par le même prédateur. Entre eux va naître une jolie histoire de survie et d'amitié... A partir d'un paradigme résolument anachronique, Primal raconte l'histoire de cette improbable amitié entre ces deux personnages, qui vont s'entraider pour survivre dans un monde préhistorique violent et sans pitié. Volontairement sans paroles, radicalement violente, cette série d'animation de cinq épisodes de 26 minutes invite le spectateur à un voyage âpre dans un univers visuel inédit, dans un monde préhistorico-jurassique immersif. Genndy Tartakovsky, le réalisateur, à qui l'on doit entre autres la série animée (très réussie) Starwars Clone War, ne ménage pas son spectateur, alternant avec beaucoup de brio des scènes sanglantes et d'autres plus émouvantes, dans des décors toujours somptueux. A noter que les épisodes de cette série ont été réunis dans une version long-métrage intitulée à juste titre Primal, conte de la sauvagerie.
Apre, stylisé et inédit, une véritable série d'animation de nature-drawing !
Primal, série de films d'animation 5*18' réalisée par Genndy Tartakovsky.
Disponible sur la chaine Toonami, ainsi qu'en import DVD / BlueRay.
Sur ce site, pour les amateurs de série:
SERIE: Klondike
SERIE et ROMAN: The Terror
TV SHOW: Man vs wild
5 février 2020
JEREMIAH JOHNSON (Film)
Pour ce film, Robert Redford, alors à l'apogée de sa carrière après l'immense succès de Butch Cassidy et le Kid, accueille une partie du tournage dans les montagnes Rocheuses de l'Utah, sur ces terres dont il s'est porté acquéreur quelques années plus tôt. Ce film marque également le début d'une fructueuse relation entre le réalisateur et le comédien, une relation sur le long terme qui se traduira par une demi-douzaine de collaborations, dont Nos plus belles années, Les trois jours du Condor, ou encore Out of Africa.
Un des premiers chefs d'oeuvre du film d'immersion dans la nature. A ranger dans une filmothèque entre Danse avec les Loups et The Revenant.
Jeremiah Johnson, un film réalisé par Sydney Pollack, sorti en 1972.
Disponible en VOD, DVD, BlueRay.
Sur ce site, pour les amoureux de l'Ouest américain:
FILM et ROMAN: Danse avec les loups
ROMAN, FILM et DOC: The Revenant
SERIE: Klondike
30 août 2019
LEGENDE D'AUTOMNE (Film, roman)
Début du 20e siècle.
Trois frères vivent avec leur père dans un ranch isolé dans les montagnes sauvages du Montana. La vie y est plutôt paisible, jusqu'à ce que le benjamin de la fratrie (Henry Thomas, le copain d'ET, avec quelques années de plus) présente sa fiancée (Julia Ormond, sublime) à sa famille. Le frère cadet (Aidan Quinn, tout en retenu), tombe instantanément amoureux de la jeune femme, qui elle-même tombe instantanément amoureuse de l'ainé (Brad Pitt, tout en force). Le drame est noué, et les conséquences pour cette famille jusque-là unie seront tragiques et cruelles...
Inspiré d'une nouvelle de Jim Harrison, Légende d'Automne s'intéresse à ce triangle amoureux impossible, aux grands espaces de l'Ouest américain, mais aussi à la question de l'intégration des populations indiennes natives, à travers l'amitié qui unit un indien et le père, et leurs deux familles. Comme toujours dans l'œuvre de Jim Harrison, la nature joue un rôle central dans cette saga familiale, une nature magnifiquement mise en valeur par Edward Zwick, le réalisateur du film. Une adaptation cinématographique pour une fois à la hauteur du chef d'oeuvre littéraire dont il s'inspire, même si certains puristes pourront reprocher à Brad Pitt, jeune star montante du moment à cette époque, d'en faire vraiment trop. Le voyage est immersif, dépaysant, et émouvant.
Légendes d'Automne, titre à la fois du recueil de nouvelles et de la troisième histoire du livre, est avec Retour en Terre et Dalva l'une des oeuvres les plus acclamées et les plus populaires de Jim Harrison, auteur américain parmi les plus lus au monde, décédé en 2016 à l'âge de 78 ans, et qui restera comme un des pères du nature writing américain du 20e siècle.
Une très belle nouvelle par un des maitres incontestés du nature writing, et son adaptation cinématographique réussie.
Légendes d'Automne, un film d'Edward Zwick sorti en 1995
Disponible en DVD-BlueRay-VOD
11 février 2019
ARTIC (Film)
Attention: Artic est un film destiné à un public averti, aux véritables amateurs de films de survie.
Ici, pas d'introduction, pas de backstory du personnage principal, pas de flashbacks. Et pendant 1h37, aucun répit. Lorsque le film commence, l'accident à déjà eu lieu, le personnage est livré à lui-même depuis longtemps (et cette durée ne sera jamais précisée) dans un désert de neige glacial plus qu'isolé. Cette absence totale (et assumée) de romantisme rend le film vraiment âpre, presque trop, sensation renforcée encore par la prestation convaincante de Mads Mikkelsen, comédien danois habitué aux rôles extrêmes (Pusher, Valhalla Rising, Michael Hohlhaas), et qui a déclaré à propos de ce tournage qu'il avait été (et de loin) le plus éprouvant de sa carrière. Dans la bouche d'un tel comédien, cette remarque prend réellement tout son sens. Le réalisateur, Joe Penna, dont c'est le premier film, a tourné durant 19 jours dans des conditions naturelles (et donc extrêmes) en Islande, en plein hiver. Sa réalisation est sobre, discrète, toujours au plus près de son comédien principal. Il ne nous épargne rien, tout en restant toujours très minimaliste dans ses effets. La fin, artificiellement étirée, n'est pas la plus grande réussite de ce film, mais, bien évidemment, ne comptez pas sur moi pour vous la révéler. Pour connaitre le dénouement de cette histoire, il vous faudra survivre comme le personnage principal à ce long voyage à travers l'hivers glacial et la solitude extreme.
Un film âpre et sans concession, une véritable épreuve pour le spectateur, ce qui doit être entendu comme un compliment, au moins par les véritables amateurs de films de survie.
Artic, un film de Joe Penna
Sortie en salle le 6 février 2019














































