Wales & Divers

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Anuar Patjane Floriuk / National Geographic Traveler Photo Contest

11 septembre 2017

FILM: Et au milieu coule une Rivière

Montana, début du siècle. Un pasteur inculque à ses enfants sa philosophie de vie à travers sa passion pour le pêche à la mouche ...



À travers l'histoire de ce pasteur et de ses deux fils unis par leur passion commune pour la pêche à la mouche, Robert Redford, grand amoureux de l'Amérique des grands espaces, nous offre sans doute son film le plus personnel. Inspiré d'une nouvelle de Norman MacLean, La rivière du Sixième Jour, le réalisateur s'offre un luxe rare, celui de prendre son temps pour nous laisser nous imprégner des bienfaits de ce rapport entre l'Homme, la rivière et la nature environnante.
Le père, interprété par Tom Skerritt, à la fois dur et généreux, Brad Pitt, dans l'une de ses premières apparitions au cinéma, et tous les autres rôles principaux nourrissent cette saga familiale en la rendant à la fois sobre et émouvante.
Mais la grande force du film réside avant tout dans la philosophie de vie du père, inspirée par un mouvement nord-américain du début du XVIIe siècle initié par Izaac Walton, qui est ici davantage suggérée qu'imposée, ce qui laisse l'espace au spectateur pour se l'approprier, dans sa totalité ou en partie seulement, à son rythme, sans avoir l'impression d'assister à une démonstration démagogique pesante. Presque deux cents ans avant Thoreau, cette pensée qui associe philosophie, religion, rapport à la nature et pêche à la mouche se révèle aujourd'hui incroyablement avant-gardiste. 

Une ode à la famille et à la vie au contact de la nature. Dépaysant et apaisant.

Et au milieu coule une Rivière (A River through it), un film de Robert Redford sorti en 1992.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.







29 août 2017

ROMAN: Les Jours, les Mois, les Années

Quelque part en Chine, par une insoutenable canicule, un vieux paysan et son chien aveugle se battent pour cultiver le dernier plant de maïs à avoir survécu...


Les Jours, les Mois, les Années est un conte poético-philosophique sombre de Yan Lianke, romancier chinois contemporain, auteur d'une douzaine de romans.
Lorsque les habitants de son village fuient la sécheresse qui s'abat sur la région, un vieil homme au crépuscule de sa vie décide de rester sur place pour sauver l'ultime plant de maïs encore vivant dans toute la vallée. Les Jours, les Mois, les Années raconte au quotidien l'ultime combat de sa vie pour offrir des graines à son peuple lorsqu'il reviendra de son exode forcé. Accompagné d'un chien devenu aveugle d'avoir trop fixé le soleil pour le supplier de céder sa place à la pluie, le vieux paysan va, un peu à la Jean de Florette, parcourir des distances indécentes pour trouver de l'eau, affronter la violence de milliers des rats affamés, et être confronté à l'apparition d'une étrange meute de loups.
Le comportement des animaux, les conversations entre le chien et son maître, sa dévotion totale pour son plant de maïs, ses solutions pour survivre à la famine ... Rien n'est réaliste dans cette œuvre singulière au plus près des éléments naturels. Au fil des pages, le roman prend toute sa dimension allégorique en nous invitant à une réflexion sensitive sur la vieillesse, le rapport à la mort, et le cycle de la vie. L'histoire de cet homme solitaire et de son combat dérisoire est dure, âpre, parfois proche de l'insupportable, mais elle véhicule un message universel d'une beauté poignante.

Un oeuvre singulière, à la fois âpre et lumineuse. Un hymne vibrant à la vie.

Les Jours, les Mois, les Années, un roman chinois de Yan Lianke
Première parution en France en 2009.
Disponible aux éditions Philippe Picquier

Sur ce site, pour les amateurs de personnages solitaires:


 











21 août 2017

FILM: The Big Trail / La Piste des Géants

La conquête de l'Ouest, dans l'une de ses toutes premières adaptations cinématographiques.

Sur les rives du Mississippi, des milliers de pionniers se préparent pour partir pour des mois d'errance dans l'Ouest sauvage américain. Coleman, un jeune trappeur, décide pour des raisons personnelles de les guider à travers les plaines, les déserts, les montagnes et les forêts qui les séparent de la terre promise ... 
Le scénario de La Piste des Géants n'est pas essentiel dans l'intérêt réel que suscite ce film. Depuis sa sortie à la fin des années 20, les codes de l'écriture cinématographique ont beaucoup changé, et l'histoire de ce trappeur au grand cœur est forcément un peu datée, tout comme les enjeux dramatiques qui restent trop naïfs pour nous concerner vraiment. Mais l'intérêt de ce film est ailleurs, essentiellement dans la qualité de sa reconstitution historique.
Car La Piste des Géants a pour ambition de raconter la Conquête de l'Ouest, cette période de l'histoire américaine durant laquelle des pionniers prêts à prendre tout les risques se lançaient à la recherche de nouvelles terres au-delà la Frontière qui séparait le monde dit civilisé des terres (encore) indiennes. Pour cette fresque grandiose, Raoul Walsh, le réalisateur, a eu les grands moyens: la caravane est dense, les chariots sont nombreux, les figurants innombrables, les décors variés et spectaculaires. Ce voyage dans les contrées sauvages de l'Ouest américain est bluffant de réalisme, d'autant plus lorsque l'on remet son film dans le contexte historique. Car La Piste des Géants est sans doute la première grande production de l'histoire du cinéma consacrée à cette période de l'Histoire, et peut-être le premier film sur le rapport entre l'homme et la nature. Sa fabrication a nécessité plusieurs mois de tournage dans les mêmes décors que les ancêtres des comédiens et des techniciens avaient traversé un siècle plus tôt pour aller s'installer à Hollywood. Si le film restitue de manière captivante cette lente progression de la caravane, il était surtout destiné à l'époque à redonner le moral à une Amérique meurtrie par la crise de 1929, en lui rappelant sa grandeur et ses conquêtes passées. La Piste des Géants est aussi l'occasion de découvrir les débuts d'une future icône hollywoodienne, le comédien John Wayne, dans son premier premier rôle au cinéma. Il ne se doutait sans doute pas à l'époque que ce rôle de trappeur bienveillant allait lui offrir une carrière de presque 50 ans à Hollywood. Pourtant, tout était déjà là dans ce personnage de cow-boy bienveillant et courageux.

Un témoignage historique (et artistique) d'une autre époque. Fascinant.

The Big Trail, un film de Raoul Walsh de 1930.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD et en lecture libre sur YouTube.




Sur ce site, pour les amateurs d'histoire sur la conquête de l'Ouest:


 









9 août 2017

SITE INTERNET: Jess Wandering

Sur les traces de Jess, voyageuse invétérée, à travers les magnifiques images de son photographe attitré ...


L'été est là, plus ou moins selon les régions de France, et l'envie de voyager ressurgit, surtout chez ceux qui ne partent pas et qui ne sont pas gâtés par une météo par endroit automnale. D'où mon envie de partager avec vous ce joli site internet et ses magnifiques photos des quatre coins de notre petite planète. Un carnet de voyage visuel tenu par une jeune femme (plutôt jolie), Jessica T. Dales, qui se fait photographier dans les plus beaux paysages du monde. Et Jessica, Jess Wandering pour les initiés, voyage beaucoup, pour le plus grand plaisir des amateurs de paysages hors normes. Les photos sont très stylisées, les mises en scène un peu tape-à-l'œil, mais quel régal pour les yeux !  

Un avant-goût, un lien, et pas grand chose à rajouter. 


http://www.jessdales.com/

ROMAN: Mermere

Quelque part au coeur de l'Océan vivent les Noés, des créatures aquatiques qui vont vivre une grande épopée ...


Mermere est un continent sous marins, où vivent les Noés, lointains descendants des humains jadis chassés des continents terrestres en pleine crise. Depuis des générations, ils ont élu domicile dans les océans, où ils jouissent d'une vie harmonieuse au milieu des baleines, des dauphins et de la flore sous-marine, loin des Hommes. Horn est un Noé comme les autres, à un détail prés: il est le fils d'un valeureux guerrier Noé, et d'une mère Terrienne. Avec l'aide d'une sage dauphine, Horn va tenter de rapprocher les deux espèces...
Mermere est un grand roman d'aventures, beau et poétique, sur la mer et le monde des hommes, sur le rapport à la nature et aux océans, portée par une créativité débridée et un humanisme réaliste. Écrit à la fin des années 1970, ce roman d'Hugo Verlomme, s'il a un peu vieilli dans les détails, reste aujourd'hui plus que jamais d'actualité. En digne héritier de Jules Verne et de son incontournable 20 000 lieux sous les mers, l'auteur nous invite à un voyage dans un univers original, riche et inspiré, pour un voyage inédit au plus prés de l'océan et de ses esprits. Une tentative militante de plus de sensibilisation sur les dangers des excès de nos sociétés industrielles et individualistes modernes.

Une oeuvre singulière et poétique. Un des livres cultes des amoureux de la mer.

Mermere, roman de Hugo Verlomme (Editions Maritimes, 1978, réédition Jean Claude Lattes, 2003)




Sur ce site, pour les amoureux de la mer:



 






20 juillet 2017

DOC: Les Saisons

Une forêt européenne, ses animaux, ses saisons, avant que l'homme ne prenne le dessus sur la nature.


Difficile de critiquer le dernier film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud tant l'intention est louable de vouloir encore et toujours sensibiliser aux merveilles fragiles de la nature. Pourtant, ce voyage ambitieux manque cette fois-ci de fluidité, et de profondeur.
À cause du titre, d'abord, qui promettait un voyage à travers le temps, alors que le film se contente de nous entraîner durant quatre saisons d'une année, sans jamais tenter de nous montrer son évolution au fil du temps, ce qui rend le film finalement assez classique, dans la veine des nombreux documentaires d'immersion en milieu forestier proposés par la télévision.
À cause de la mise en scène, aussi, qui fait se rencontrer différentes espèces pour les besoins de la narration, un procédé utilisé souvent de manière abusive dans les documentaires animaliers de flux actuels, même s'il respecte ici un code de déontologie rigoureux. La scène de poursuite des chevaux sauvages par des loups est visuellement bluffante, mais pas vraiment crédible (entre autres parce qu'elle se termine sans festin), et donc assez pauvre émotionnellement.
À cause du montage, enfin, qui tente de manière artificielle de nouer des relations entre les habitants de cette forêt en créant des jeux de regard qui sonnent souvent faux. Cette volonté de "fictionnaliser" les relations entre les différentes espèces, chère au duo de réalisateurs et qui avait fait la réussite de leurs précédents films (le Peuple migrateur et déjà dans une moindre mesure Océans), semble ici atteindre ses limites. Les ficelles sont trop visibles, et la magie n'opère pas pleinement.
Malgré ces réserves, le film offre son lot d'images magnifiques, quelques séquences d'anthologie, et un dernier quart d'heure inattaquable qui milite pour la protection de la planète, mais qui, à l'image du film dans son ensemble, manque un peu de conviction, de poésie et de folie. 

Un documentaire inabouti, mais sincère et engagé.

Les Saisons, un documentaire de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud sorti en 2015.
Disponible en DVD/BlueRay/VOD.





Sur ce site, pour les amateurs de forêt:

ESSAI: La Vie Secrète des Arbres
BD: Sauvage ou la sagesse des pierres
ROMAN & FILM: Le Mur Invisible

 


18 juillet 2017

ESSAI: La Longue Route

Le carnet de bord de Bernard Moitessier durant le Golden Globe Challenge, la première course à la voile autour du monde en solitaire en 1968.














La Longue Route est un récit autobiographique de Bernard Moitessier, marin et philosophe des années 60,  pionnier de la course à la voile en solitaire et altermondialiste avant l'heure, durant la première course à la voile autour du monde en solitaire en 1968. Si ce livre raconte ses longs mois de navigation en les étoffant de nombreuses anecdotes savoureuses, dans le fond comme dans la forme, La Longue Route est davantage un essai philosophique qu'un véritable récit de marin. Au fil des pages, Bernard Moitessier partage avec son lecteur sa vision de la mer, mais surtout sa vision du monde et de ses dérives inhérentes, à la manière d'un fils spirituel de David Thoreau, un fils qui aurait choisi l'océan à la place d'une cabane isolée dans les bois. Son regard critique et sans concession sur les affres du monde moderne résonne comme une invitation à refuser la société de consommation (qu'il appelle "Le Monstre") et à nous reconnecter avec la nature pour profiter d'une vie plus douce et plus épanouissante. Son message prend de nos jours encore plus de sens, et sa philosophie a participé à la construction du mouvement altermondialiste.
Au fil des pages, le lecteur finit par comprendre que Bernard Moitessier a décidé de faire ce tour de monde pour écrire le livre, et non, comme son attitude en fin de parcours le prouvera, pour la course en elle-même. L'histoire est magnifique: alors qu'il remonte l'Atlantique, la victoire lui tend les bras lorsqu'il prend une décision pour le moins stupéfiante. Il lance une lettre à l'aide d'une catapulte à un paquebot qui croisait sa route pour qu'il transmette à la direction de la course le message suivant: "je continue sans escales vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme". Il s'engage alors pour un second tour du monde, qui s'achèvera en Polynésie, où il s'installera sur l'atoll d'Ahe. Un demi-siècle plus tard, cet endroit perdu dans l'océan Pacifique garde toujours une trace de son passage. Surpris de ne voir aucun arbre fruitier sur ces iles, Bernard Moitessier passera plusieurs années de sa vie a faire des aller-retour sur son voilier charges de jeunes arbres pour les planter sur les terres de cet atoll, et offrir à sa population des fruits gratuits, et disponibles sur place. Ce revirement durant la course et son engagement humaniste dans les années qui suivirent ont forgé sa notoriété, et créé un mythe moderne qui résonne encore aujourd'hui dans le coeur des marins et de ceux qui rêvent d'un monde différent. 
Bernard Moitessier s'est éteint en 1994, à l'âge de 69 ans, des suites d'une longue maladie. Son bateau emblématique, le Joshua (en hommage à Joshua Slocum, marin canadien connu pour avoir fait le premier tour du monde à la voile en solitaire à la toute fin du XIXe siècle ), est visible au Musée Maritime de La Rochelle.

Comme un Albatros, mon second roman, rend hommage à ce marin philosophe humaniste dont les écrits ont éclairés ma vision du monde.


Une œuvre majeur, visionnaire et précurseur. Beau et profond comme l'Océan. 

La Longue Route, de Bernard Moitessier.
Première parution en 1971 aux Editions Arthaud.
Disponible chez Arthaud, collection « Mer », 2005 et en format de poche (J'ai lu, 1995)


Les amateurs pourront compléter leur découverte de l'oeuvre de Bernard Moitessier
à travers ses autres publications, toutes disponibles aux Editions Arthaud:
     - Vagabonds des Mers du Sud
     - Tamata et l'Alliance
     - Cap Horn à la voile
     - Voiles, mers lointaine, îles et lagons


Sur ce site, pour les amoureux de la mer:


  

12 juillet 2017

BD: Un Océan d'Amour

Un pêcheur breton se perd en mer et va vivre un incroyable aventure humaine et maritime, pendant que sa femme part à sa recherche.




Un océan d’amour raconte à la fois une formidable histoire d’amour entre un pêcheur et une cuisinière bretons, et un voyage homérien à bord d’une vieille barquasse de pêcheur perdue sur l’immensité de l’océan. Le récit s’articule autour de deux histoires parallèles, celle d’un marin perdu qui cherche à rentrer chez lui, et celle d’une femme prête à prendre tous les risques pour retrouver celui qu’elle aime. Le périple du pêcheur permet à ses auteurs de dresser un état des lieux alarmant de l’état actuel des océans, avec un mélange de militantisme et de poésie très proche de celui de mon roman Comme un Albatros. L’aventure de sa compagne nous entraîne dans un romance sentimentale à travers le voyage d’une femme dans un monde éloigné du sien.

Le parti pris de raconter cette histoire uniquement par l'image (c'est à dire sans dialogue) renforce encore la poésie qui habite chaque case de ce petit chef d’œuvre de la bande dessinée.

Une formidable odyssée poétique sur la mer et l'amour ...

Un Océan d'Amour, bande dessinée de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione (Delcourt, 2014)




Sur ce site, pour les amoureux de la mer:


  

BD: Magasin Général

Quebéc, 1920. Chronique de la vie de Marie, jeune veuve héritière du magasin général de Notre-Dame-Des-Lacs, et de ses habitants...













Neuf albums, soit près de 1000 pages, passés à Notre-Dame-des-Lacs, village isolé dans la nature québécoise ... Quel bonheur !
Magasin Général nous invite à nous immerger dans le quotidien d'un petit village québécois du début du 20e siècle, au coeur de sa galerie d'habitants hauts en couleur. Le récit est centré sur Marie, jeune femme d'une petite trentaine d'années, qui suite au décès de son mari (le narrateur du récit qui nous accompagne d'album en album, brillante idée) va devoir s'occuper seule du magasin général du village, point central du quotidien de cette petite communauté vivant presque en autarcie dans l'immensité de la forêt canadienne. Si Marie est le personnage central, l'histoire s'intéresse également la vie des autres villageois, parmi lesquels un maire du village secoué dans ses habitudes, un curé à la croisée des chemins, un fabriquant de bateau farfelu, un simplet du village plus important pour la communauté qu'il n'en a l'air, trois grenouilles de bénitier locales irrésistibles... Sans oublier Serge, voyageur urbain égaré dans ce havre de conservatisme dont il va lentement mais profondément bousculer les habitudes.
La grande force de Magasin Général réside dans la richesse de cette galerie de personnages, mais également dans la manière dont les auteurs traitent de leur arène. Ici, la forêt et la campagne sont des personnages à part entière qui interagissent avec le parcours des personnages. La narration se construit sur l'alternance de scène de vies intimistes, d'autres plus collectives, et d'ellipses temporelles au plus prés de la nature. Au fil de l'histoire, la faune et la flore locales se révèlent, saison après saison, pour notre plus grand plaisir. 
Portées par des dessins d'une douceur et d'une poésie infinies (notion très subjective, je vous l'accorde), certaines planches sans texte sont de véritables oeuvres d'écopoétique, au sens le plus pur du terme, dans lesquelles les auteurs prennent le temps de connecter leurs personnages à leur environnement, en nous offrant un cadeau rare: un espace temporel et visuel pour explorer et savourer la nature dans laquelle baigne Notre-Dame-des-Lacs.
Au-delà de la portée ethnologique et humaniste de son histoire, Magasin Général est aussi une formidable oeuvre féministe, qui va voir Marie devoir trouver sa place en tant que femme célibataire dans un monde où tout est basé sur la famille, au sein d'une communauté essentiellement féminine puisque les hommes partent plusieurs fois par an pour de longs périples dans les bois en abandonnant à leurs conjointes/mères/filles l'organisation de la vie du village. Enfin, c'est une oeuvre sur l'ouverture à la modernité, à travers le personnage de Serge, citadin aux moeurs très différentes qui va obliger la communauté de ce petit village traditionnel (pour ne pas dire traditionaliste) à accepter le changement et à s'ouvrir en douceur à la modernité. 

Un des chefs d'oeuvre de la bande dessinée contemporaine.


Magasin Général, une série de 9 bandes dessinées de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp.
Paru aux éditions Casterman entre 2006 et 2014.




Tome 1: Marie
Tome 2: Serge
Tome 3: Les Hommes
Tome 4: Confessions
Tome 5: Montréal
Tome 6: Ernest Latulippe
Tome 7: Charleston
Tome 8: Les Femmes
Tome 9: Notre-Dame-des-Lacs




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23 juin 2017

ESSAI: La vie secrète des Arbres

Voyage au cœur de la société des Arbres, à la rencontre d'un univers familier mais méconnu, pour une fabuleuse ode à l'intelligence collective végétale ...


La vie des Arbres.
Des traductions dans plusieurs dizaines de langues.
Des millions d'exemplaires vendus.
Des millions de lecteurs à travers le monde.
Voilà qui est rassurant, car plus que jamais, ce livre change notre rapport aux arbres, à la forêt, à la nature en général et au vivant, à travers un voyage dans un univers familier que nous connaissons finalement assez mal. Peter Wohlleben, l'auteur, vit en Allemagne. Il a travaillé pendant plus de vingt ans dans une forêt, vingt années passées à observer la société des Arbres. Il la connait bien, et à travers ce livre, il partage avec son lecteur le fruit de ses découvertes et de ses réflexions. L'auteur nous raconte comment les Arbres naissent, grandissent, vivent, souffrent, communiquent entre eux, comment ils se défendent contre les agresseurs, s'entraident les uns et les autres, et, à leur manière, comment ils pensent le monde. Leur intelligence collective et leur solidarité forcent notre admiration, et nous invitent à réfléchir à notre propre organisation d'être humain en société. La plume est vive, joyeuse, dansante, le discours passionnant, les explications scientifiques faciles d'accès. Mais surtout, le bonheur que prend son auteur à nous parler des Arbres est évident, et il nous le communique à chaque page. Et une fois ce livre refermé, notre regard sur la forêt n'est plus le même. Et une certitude s'impose: nous avons beaucoup à apprendre des Arbres.

Sans doute LE livre grand public sur les Arbres. Instructif et jouissif.

La vie secrète des arbres, un essai de Peter Wohlleben
paru aux Editions les Arènes en 2017.
http://www.arenes.fr/livre/vie-secrete-arbres/



Sur ce site, pour les amoureux des arbres:

BD: Sauvage ou la sagesse des pierres
ROMAN: Le Journal Intime d'un Arbre
ROMAN: Terre Lointaine